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Lundi, le 19 novembre 2012
L’IA, les robots et moi (créateurs, créatures, et cætera)
Il y a 10 ans, je venais de créer ce blogue. À cette époque, je m’apprêtais à soutenir une thèse dans un domaine dérivé de l’intelligence artificielle et je me posais des questions sur mon avenir. Dix ans plus tard, je suis toujours autant intéressé par l’intelligence artificielle et mon métier d’enseignant et chercheur me permet de faire de jolies rencontres, comme revoir le mois dernier lors d’une conférence quelqu’un qui avait été l’auteur d’un essai fondamental sur l’IA que j’avais lu avec passion dans mes premières années d’études universitaires, puis, bien des années plus tard, avait été un de mes professeurs du temps où j’étais encore un étudiant parisien, et qui est désormais un collègue. Il m’avait alors confié qu’il devait participer en tant qu’invité aux dernières Utopiales afin d’intervenir sur une table ronde dédiée au sujet des morales humaines et lois robotiques dans l’œuvre d’Isaac Asimov...
En mars 2012 s’était déroulé à Lyon le sommet européen de robotique « InnoRobo ». Mon intérêt pour l’intelligence artificielle (l’IA) et la robotique ne date pas d’hier : tout jeune adolescent, j’étais déjà fasciné par les œuvres de science-fiction évoquant des créatures artificielles, qu’il s’agît de grosses machines avec de simples boutons lumineux clignotants – comme le « Colossus » du film le Cerveau d’acier de Joseph Sargent sorti en 1970 (et adapté du roman Colossus de Dennis Feltham Jones) –, de robots vaguement humanoïdes – comme « Robby » de la Planète interdite de Fred McLeod Wilcox en 1956 –, ou que les machines fussent si semblables aux êtres humains que seuls des tests très poussés permettaient de les distinguer de nous – comme les « réplicants » dans Blade Runner de Ridley Scott sorti en 1982 (adapté des Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick).
J’éprouvais déjà pour les créatures artificielles une réelle fascination, un mélange curieux d’admiration et de crainte, que je dois à la tradition judéo-chrétienne et à l’héritage culturel gréco-romain qui m’ont façonné. Or c’est peu dire que la Bible n’est pas tendre avec ceux qui se permettent de réaliser des créations qui nous ressemblent, car cet art est réservé à Dieu seul : « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. » (Genèse 1:26). L’Ancien Testament est bourré d’interdits sur la réalisation de créations nous ressemblant : « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre » (Exode 20:4, mais on retrouve des propos similaires aussi en Lévitique 26:1, en Deutéronome 4:25 ou 5:8, etc.). À ce propos, je devrais aussi m’interroger pour mon attrait pour les arts plastiques, et en particulier pour la sculpture et le modelage de l’argile... Dans la mythologie grecque, le destin est tragique pour l’être légendaire qui aurait été à l’origine de l’humanité, à savoir le Titan Prométhée. Après avoir créé les hommes à partir d’argile et d’eau, il vole le Feu de l’Olympe (symbolisant la connaissance) aux dieux pour en faire don aux hommes, déclenchant le courroux des dieux qui l’enchaînèrent à un rocher où un aigle venait chaque jour lui dévorer le foie.
De fait, les histoires de créatures intelligentes se terminent mal, en général, et les créateurs qui osent braver l’interdit sont remis à leurs places de simples mortels le plus souvent de manière très cruelle.
Les premières créatures appelées « robots », qui sont plutôt des androïdes, sont celles que l’on retrouve dans la pièce de théâtre R.U.R. de l’auteur tchèque Karel Capek... Je pense que ce n’est pas trop déflorer l’histoire que de dire que, à la fin de la pièce, les robots se révoltent et finissent par anéantir l’humanité.
Les créatures artificielles qui ressemblent à l’homme, on en retrouve aussi des traces dans la tradition juive avec le Golem, ce « second Adam » d’argile prenant vie par le pouvoir magique du rabbin le Maharal de Prague. En détruisant le Golem, le rabbin aurait été écrasé par la masse de sa créature.
Dans Frankenstein ou le Prométhée moderne, écrit en 1818 par Mary Shelley, la science reprend la place qu’occupait auparavant la magie, et on sent dans ce texte que l’arrivée de l’électricité permettait d’imaginer toute forme de pouvoirs, dont celui de donner vie à une créature composée de parties de corps humains décédés. Là encore, le récit se termine par la mort du créateur (qui traquait sa créature qui ne faisait que semer la désolation autour d’elle), et l’horreur inspirée par cette histoire était telle qu’une confusion a fini par s’établir entre la créature et le créateur, « Frankenstein » désignant pour la plupart des gens le monstre au lieu du scientifique qui était parvenu à créer une telle abomination.
Au moment où l’homme mettait le pied sur la Lune, Stanley Kubrick sortait son film 2001, l’Odyssée de l’espace (au scénario inspiré de nouvelles écrites par Arthur C. Clarke). Le vaisseau spatial était assisté par une intelligence artificielle appelée HAL 9000. Les astronautes, comprenant que l’IA était en train de dérailler, avaient décidé de la désactiver... mais celle-ci, ayant pu lire leurs intensions sur les lèvres, avait essayé de les supprimer.
On peut noter que la seule manifestation de HAL, outre sa voix et son contrôle du vaisseau spatial, est son œil rouge, nécessairement menaçant, comme l’est celui du robot Terminator quand il est débarrassé de son enveloppe humaine.
Dans la saga des films Terminator, dont le premier volet avait été réalisé par James Cameron en 1984, le concept est toujours le même – des méchants robots viennent pour détruire l’humanité et il ne reste qu’une poignée d’humains pour lutter contre les machines – mais l’histoire se complique par des voyages dans le temps pour revenir dans le passé afin de changer l’issue de cette bataille. Suivant les épisodes, le Terminator venait du futur soit pour tuer le leader de la révolution, soit pour le protéger.
Dans les années 1970 et 1980, même si on rencontrait en Occident des robots moins méchants (comme « R2D2 » et « C6PO » de la saga la Guerre des étoiles), c’était surtout les influences orientales (où le robot est vu plutôt comme un compagnon que comme une créature soumise à un maître) qui vinrent changer le regard que nous portions sur les créatures artificielles, comme Astro le petit robot (Astroboy dans sa version originale japonaise) ou « Nono » de la série télévisée d’animation franco-nippone Ulysse 31.
On commençait à faire apparaître des robots plus gentils à partir du moment où ces derniers devenaient plus « humains », ou en tout cas quand ils perdaient un peu de leur rationalité initiale au profit de l’émotion. On trouvait ainsi « Johnny 5 », dans Short Circuit de John Badham, sorti en 1986, qui est un exemple intéressant de recyclage de la créature de Frankenstein. C’est à nouveau l’électricité qui provoque la vie en changeant un robot militaire et en lui donnant des capacités émotionnelles que l’on ne retrouve pas chez les artefacts ordinaires. Le robot est considéré comme étant un humain parce qu’il est capable d’avoir de la sensibilité et de l’humour.
Bien plus tard, il y eu aussi « Andrew », le robot domestique de l’Homme bicentenaire de Chris Columbus, sorti en 1999, et adapté de la nouvelle éponyme d’Isaac Asimov. Tout au long des deux siècles où se déroule cette histoire, le robot évolue, il subit des modifications qui le font paraître de plus en plus humain, et ce dernier se bat juridiquement pour chercher à être reconnu comme un être humain à part entière par l’humanité. Il y parvient au moment où il acquiert enfin une caractéristique essentielle pour tout être vivant, c’est-à-dire la possibilité de mourir...
C’est d’ailleurs intéressant de voir que, dans les œuvres de fiction traitant de l’intelligence artificielle, les oppositions de base entre la vie et la mort, le créateur et sa créature, l’amour et la haine, ou le fait de donner la vie ou de tuer semblent perdre leurs frontières pour se mêler, car on a un peu l’impression qu’une créature artificielle ne peut être considérée comme intelligente que si elle est aussi vivante, et que donc elle a aussi la capacité à mourir. C’est ainsi que Frankenstein finit par se faire tuer par sa créature, ou que Tyrell, le créateur des réplicants de Blade Runner, se fait écraser la tête après un baiser de la mort donné par une de ses créatures qui souhaitait l’obliger à modifier son caractère génétique afin de prolonger sa durée de vie...
Ces jeux curieux entre la vie et la mort, la créature et son créateur, le fait de donner la vie et de tuer se retrouvent chez ce même réalisateur qu’est Ridley Scott dans d’autres œuvres cinématographiques. Déjà, dans le premier Alien sorti en 1979, on rencontre, en plus d’une intelligence artificielle assez basique chargée de piloter le vaisseau spatial et appelée « Maman », un androïde caché parmi les humains appelé « Ash ». Sans vouloir interpréter tout de façon freudienne, il est difficile de manquer dans ce film les jeux multiples sur la reproduction et la sexualité, avec une certaine obsession pour l’orifice buccal : les êtres humains sont contaminés par les aliens qui leur pondent un fœtus de créature dans la bouche, les aliens sont pourvus d’une tête phalloïde ainsi que d’une deuxième bouche rétractile dans leur bouche, l’androïde Ash cherche à étouffer Ripley en lui introduisant un magazine dans la bouche en une parodie de scène de fellation, les androïdes sont des machines dont les circuits sont alimentés par un liquide blanc et gluant...
On dirait vraiment que ces idées hantent le réalisateur américain car dans Prometheus, son dernier film en date, ces obsessions sur les modes de reproduction et sur l’artificiel sont encore plus criantes : si les machines androïdes sont des créations des humains, nous, les êtres humains, serions les créations d’une espèce extra-terrestre appelée les « Ingénieurs » ; l’origine de la vie sur Terre serait due au sacrifice d’un Ingénieur qui aurait mêlé l’ADN de son organisme à l’eau à travers l’action de nanorobots ; ces mêmes nanorobots seraient capables de contaminer un être humain pour le transformer en créature zombiesque parvenant à féconder une femme stérile ; un Ingénieur sorti de son hibernation cherchera à détruire les humains que son espèce est parvenue à créer... Cette fois-ci, les monstrueuses créatures, ce sont nous, et nos créateurs cherchent à nous détruire comme avait tenté de le faire le Docteur Frankenstein.
Sans dresser une liste exhaustive des œuvres de fiction (cinématographiques) où sont présentées des intelligences artificielles et leurs incarnations sous forme de robot (j’aurais pu parler d’I, Robot d’Alex Proyas qui est sorti en 2004 ou d’A.I. de Steven Spielberg qui est sorti en 2001), je crois que l’une des visions les plus réalistes mais néanmoins tordues qui soient sur les liens entre la nature et l’artificiel, le modèle et sa copie, se rencontrent dans le du film de science-fiction franco-espagnol Eva réalisé par Kike Maíllo et sorti en 2011 où se mêlent les sentiments humains d’amour, de jalousie et de haine dans un monde de petits génies de l’intelligence artificielle et de la robotique.
Enfin, pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Les robots que j’ai croisés au mois de mars de cette année sont plein de potentialités en terme de capteurs et de capacités d’action mais, à mon sens, ils sont encore loin d’être dotés de programmes pouvant leur donner un semblant de comportement intelligent...
Nao
« Nao » d’Aldebaran Robotics

Reeti
« Reeti » de Robopec

RoboThespian
« RoboThespian » de Engineered Arts Limited




Mardi, le 12 octobre 2010
Choisir, c’est...
En parcourant le document de travail rédigé par un collègue, je suis tombé sur la phrase : « Choisir, c’est renoncer ».
J’ai fait remarquer à mon collègue qu’il s’agissait d’un cliché (même s’il s’agit plutôt de l’adaptation libre d’une citation d’André Gide), ce qu’il n’a pas très bien pris car cette notion reprenait avec justesse les idées qu’il souhaitait introduire. En guise de provocation et de démonstration par l’absurde, il a ainsi dit que « tout » pouvait être « renoncer », comme le fait d’avoir une érection.
C’est alors que j’ai poursuivi son idée, détruisant son argumentation dans un grand éclat de rire mutuel : « bander, c’est renoncer... à pouvoir pisser avant cinq minutes ».


Lundi, le 7 juin 2010
Tokyo : Jour 2
L’Orient est indéniablement très en avance sur l’Occident.
Déjà, ce matin, avant de partir travailler à Todai, j’ai pu échanger quelques mots en messagerie instantanée avec de la famille au Canada. Alors qu’au Japon nous débutions la semaine, c’était encore un soir de week-end en Amérique. C’est très curieux.
Puis, après une bonne journée de boulot, nous avons dîné dans un sushi-bar près du Dome et de l’Institut Kodokan. Je crois n’avoir jamais goûté à autant de variétés de poissons, crustacés et coquillages crus accompagnés de riz. Il y avait pas mal d’animation devant le Dome car les Giants disputaient un match de base-ball contre une autre équipe de l’archipel.
Et là, de retour à l’hôtel, je lis avec amusement le courrier électronique d’un collègue en France qui me demandait si je voulais déjeuner en sa compagnie. Comment ! Déjeuner ?...
Rien à voir avec le sushi-bar, mais les reproductions donnent une bonne idée de ce qu’il peut y avoir dans l’assiette



Jeudi, le 6 mai 2010
La sensation de l’artiste
Grosse journée de travail à Paris, hier.
Avec un TGV à 6h30, j’aurais eu néanmoins une dizaine de minutes de retard à ma réunion située de l’autre côté de la capitale, dans le 16e arrondissement. Puis, au dernier moment, l’heure de démarrage de la réunion a été retardée d’une heure, aussi ai-je eu le temps de faire une petite balade pédestre. RER A depuis la gare de Lyon, descente à la station Charles-de-Gaulle-Étoile. Arc de triomphe, Champs Élysées.... Amusant de jouer au touriste dans la ville qui fut celle où j’avais vécu un an, il y a plus de dix années de cela. Avenue Georges V. Boutiques de luxe, ambassades, grands hôtels. Puis la Seine, longée jusqu’à la Place du Trocadéro.
Et là, la sublime citation de Paul Valéry sur le Palais de Chaillot :
Tout homme crée sans le savoir
Comme il respire
Mais l’artiste se sent créer
Son acte engage tout son être
Sa peine bien-aimée le fortifie

Nul n’a aussi bien décrit ce sentiment que j’ai l’occasion de connaître quand j’ai l’impression que plus rien au monde n’existe d’autre que le texte que je suis en train d’écrire ou la matière que je suis en train de sculpter...


Lundi, le 12 avril 2010
Quand la grève a du bon
Mardi dernier, je devais rentrer de mon long week-end de Pâques passé dans ma région natale auprès de ma famille. En train. Coup de chance, la grève SNCF ne devait démarrer que le soir. Cependant, j’avais une réunion de travail en région parisienne prévue le lendemain et, en raison des événements, celle-ci avait dû être reportée, mon TGV ayant été annulé.
Mon retour d’Alsace fut malgré tout pour le moins... épique.
Arrivé à Mulhouse, notre train resta bloqué un certain temps. Nous avions eu droit à un « retard pour une durée indéterminée » de fort mauvais augure qui devint « entre une et deux heures » et on nous distribua des paniers repas (mais la plupart des autres voyageurs étaient déjà allés s’acheter sandwichs et boissons). Au bout de deux heures, notre train parti à allure réduite, patienta encore un bon bout de temps à Belfort, circulation au ralenti sur une seule voie jusqu’à Montbéliard, puis le train changea de direction en passant par la Bourgogne avant de rejoindre Lyon. La raison de ce retard est expliquée ici : un train de marchandises transportant des voitures avait pris feu. La faute à pas de chance.
Arrivé à Lyon, j’étais heureux de ne pas avoir de correspondance (elles étaient assurées par la SNCF en taxi, ou un hébergement sur place était prévu), néanmoins ce train n’était pas passé par Lyon Part-Dieu avant le terminus à Lyon Perrache, et après 1 heure du matin (au lieu de 22 heures la veille), il n’y avait plus de transport pour rentrer dans le 6ème arrondissement (les taxis ayant été pris d’assaut par des petites vieilles). J’eus donc droit à une bonne balade de trois quarts d’heure à pied pour rentrer chez moi en traversant Lyon by night avec ma valise à roulettes. Pas désagréable finalement : l’air était doux, les rues piétonnes presque désertes (j’ai simplement croisé quelques noctambules avinés qui n’étaient pas bien méchants), et la cité est toujours aussi merveilleusement mis en valeur par les jeux de lumière.
En plongeant dans le sommeil, vers 3 heures, j’eus une dernière pensée pour la SNCF : je me réjouissais de cette grève qui avait provoqué le report de ma réunion francilienne, sans quoi j’aurais dû prendre un TGV avant 7 heures du matin, ce qui ne m’aurait guère laissé de temps pour dormir...


Jeudi, le 25 mars 2010
Nombre d’Erdös
En ce moment, je suis en phase de rédaction d’un article scientifique, d’où cette absence de nouvelles régulières sur ce blogue.
Je travaille notamment sur la fouille de réseaux sociaux, et en particulier sur les réseaux de publications scientifiques. Dans le domaine des publications réalisées avec d’autres chercheurs, il y a un concept intéressant : celui du « nombre d’Erdös ». Le principe est le suivant : le nombre d’Erdös du (prolifique !) mathématicien Paul Erdös est de zéro, il est de 1 pour quelqu’un qui a publié un article avec lui, de deux pour quelqu’un qui a publié avec un co-auteur d’Erdös (mais pas avec Erdös lui-même), etc., et quelqu’un n’ayant pas écrit et co-signé d’article scientifique avec quelqu’un ayant co-signé avec un co-auteur d’un co-auteur (et ainsi de suite) d’Erdös ayant par définition un nombre d’Erdös infini.
J’ai trouvé que, sous mon véritable patronyme, mon nombre d’Erdös n’est pour l’instant que de 5, ce qui n’est pas si mal pour quelqu’un qui n’est pas un mathématicien... Par contre, au hasard des requêtes sur un moteur de recherches, j’ai été assez surpris de découvrir que notre Président — qui pourtant n’a rien d’un scientifique — avait un nombre d’Erdös de 1 seulement ! Vérification faite, il ne s’agissait là que d’un amusant malentendu.


Mardi, le 26 janvier 2010
Les voyages forment la jeunesse y disent...
« ...j’te dis pas dans quel état ça met les valises. » (Coluche, Les vacances, 1979).

À mon arrivée en Tunisie, la mer est dans tous ses états...
la mer... dans tous ses états

Et ma valise aussi :
ma valise... ou ce qu’il en reste

ma valise... ou ce qu’il en reste

ma valise... ou ce qu’il en reste

ma valise... ou ce qu’il en reste


Mardi, le 22 décembre 2009
Impressions miamiennes
Voilà plus d’une dizaine de jours que je suis rentré de ce qui fut mon premier séjour sur le sol américain. Et encore, je me suis retrouvé à Miami Beach, qui est une île (mais Manhattan aussi, après tout). J’ai déjà eu l’occasion de faire des voyages aux Antilles, mais il faut croire que je suis comme Christophe Colomb : je rechigne à poser le pied sur le continent.
Les premières impressions ne sont pas très agréables, à l’arrivée aux États-Unis, avec les formalités de douane. Heureusement, je suis tombé sur un chauffeur de taxi fort sympathique qui m’a déposé à mon hôtel... mais j’ai eu la surprise de voir sur sa licence qu’il avait un prénom français : il était Haïtien.
Hôtel luxueux, vue sur la marina, et sur l’autre rive, des bateaux de plus ou moins grande importance jouxtent de superbes villas. Réveil très tôt, jet lag oblige, les surprises s’enchaînent : il faut prendre son temps pour comprendre le mécanisme de la douche, avec ses robinets inversés par rapport aux nôtres ; des surprises agréables comme la qualité du petit déjeuner de l’hôtel, et d’autres moins quand, avec les taxes, ce petit déjeuner vous coûte pas loin de 30 US$, ou 10 US$ par jour (taxe non comprise) pour l’utilisation d’Internet.
Promenade matinale dans Collins Avenue. J’ai l’impression d’être dans un ghetto pour riches... Il y a très peu de monde sur les trottoirs, par contre les voitures circulent. Souvent des voitures de sport, des grosses cylindrées, et notre équivalent du jeune qui met du rap, du raï ou du R’n’B à fond dans sa voiture : ici, il est hispanique et déverse des flots de rythmes caribéens. Je prends une rue perpendiculaire et me retrouve de l’autre côté de l’île, plages de sable fin, mer agitée, et même s’il ne fait pas très beau, j’en profite pour me baigner dans l’océan. L’eau est bonne, l’air est doux, ce n’est qu’à l’intérieur de l’hôtel que l’on se rend compte que l’on approche de l’hiver : les Américains mettent l’air conditionné au plus bas, nous avons l’impression de circuler dans un réfrigérateur.
Une semaine, voilà le temps que j’ai passé à Miami. Séjour pour des raisons professionnelles (ce genre de mission est l’un des rares avantages de mon métier). Sentiment d’une certaine frustration de n’avoir été que dans des lieux touristiques (mon hôtel, qui, avec ses dix-huit étages, semblait ridiculement petit comparé à ses voisins, Lincoln Road et ses restaurants italiens, japonais et français, le parc national des Everglades). Curieux décalage culturel, notamment au moment de partir, à l’aéroport, quand une dame m’avait félicité pour la beauté de mes dents : je lui ai répondu que c’était parce que, en France, nous avions des sécurités sociales et mutuelles qui remboursaient assez bien les frais dentaires, et qu’avec les réformes souhaitées par leur nouveau président, les Étatsuniens pouvaient espérer bénéficier des mêmes traitements.
Les États-Unis, pays de tous les paradoxes...


Lundi, le 23 novembre 2009
Mon univers se détruit... mais en musique
Sans faire de bruit, ce blogue vient de fêter son septième anniversaire.
Pas beaucoup de temps pour des mises à jour, mais bon, je vis ces derniers temps avec l’impression curieuse que tout est en train de se casser la figure.
Cela avait commencé par mes problèmes de téléphone, il y a quelques semaines. Un technicien était passé chez moi sans pouvoir arranger quoi que ce soit, mais j’ai retrouvé mon téléphone (et Internet) peu après, comme par magie.
Ensuite, ce fut au tour de mon fournisseur d’accès Internet... des problèmes à répétition.
Puis, un dimanche matin, j’ai cru que mon réfrigérateur m’avait lâché. Plus de lumière, et je n’entendais plus le moteur du frigo. J’ai fait des recherches sur Internet pour voir ce que cela allait me coûter de le remplacer. Quelques heures plus tard, il faisait toujours aussi froid dans mon réfrigérateur et dans mon congélateur : il fonctionnait encore, il n’y avait que la lampe à changer.
Et enfin, comme j’étais assez en retard dans mes travaux professionnels, je travaillais un soir sur mon ordinateur et j’ai décidé de dîner d’un potage à l’indienne, vite fait... Un geste maladroit, un temps de réaction un poil trop lent, et plouf le portable, game over. Bien entendu, mes dernières sauvegardes dataient d’assez longtemps, j’avais perdu des journées de travail ainsi que de nombreux courriers électroniques importants. Argh...
Le lendemain, après avoir compris que la machine ne redémarrerait plus jamais malgré une nuit au sec, je l’ai apportée auprès de réparateurs dans l’espoir de sauver le disque dur, et, après avoir regardé ce que je pouvais récupérer comme données sur mes autres ordinateurs, je m’en suis acheté un nouveau, un ultra-portable premier prix... qui, tout en étant bien plus performant, faisait presque la moitié du prix de l’ancien alors que je ne l’avais acheté que depuis un an et demi.
Quelques jours plus tard, je me suis changé les idées en allant à un concert avec le Capitaine, même si, contrairement à lui, j’ai clairement préféré Mahler et l’attaque de sa sixième symphonie à l’œuvre de Messiaen.
Mon amour de la musique classique m’a aussi poussé à voir le film le Concert quelques jours plus tard que j’ai trouvé très beau, très drôle et très touchant, et réalisé et interprété avec beaucoup de finesse.
Oui, mon monde s’écroule, mais en musique. Du coup, je pense que je vais aller voir le film catastrophe 2012 rien que pour la bande originale...


Vendredi, le 11 septembre 2009
Le poids de la rentrée
Une semaine bien chargée va s’achever ce soir, une première semaine de travail « véritable ».
J’ai l’impression bizarre de n’avoir pas vu la saison estivale et les vacances passer. J’avais prévu de partir faire de la plongée sous-marine à Zanzibar mais, faute de participants assez nombreux, l’agence de voyage a dû annuler mon séjour, et je n’ai pas trouvé une solution de rechange qui pût autant me plaire que mon idée initiale. Mon été, c’était « Lyon plage », quelques sorties ponctuelles, mais pas de gros déplacement. Ce n’est que dimanche, pour une mission de boulot, que je dois partir à l’étranger.
Durant ces derniers jours, je rentrais chez moi, le soir, très fatigué. Aussi bien nerveusement que physiquement. Non, pas de grippe A. Je n’ai pas beaucoup dormi et je n’ai pas arrêté de courir. Une douleur s’est réveillée au niveau du dos et de l’épaule droite.
Pourquoi ?
Dans mon sac, trimballé quotidiennement, on peut trouver de gros livres scientifiques, un ordinateur portable, et quelques pochettes comprenant plein de documents. Je l’ai mis sur la balance. Ah ouais, quand même : « plus de 10 kg ! »


Dimanche, le 28 juin 2009
Hors de la bulle
Durant cette semaine, afin de terminer un travail important, je me suis isolé du reste du monde. Je ne suis sorti de ma bulle qu’hier, en fin de matinée, après avoir passé une nuit blanche et m’être assuré que tout avait bien été fini dans les temps.
C’est là que j’ai appris, bien en retard, l’événement du moment : le décès de Michael Jackson. De la surprise et un peu de peine, mais pas tant que ça : cela faisait bien longtemps que je ne suivais plus spécialement l’actualité du roi de la pop. Ses frasques, ses multiples opérations chirurgicales et traitements, sa vie dans un monde artificiel à la Disney, entouré d’enfants, sa façon à lui de concevoir une bulle pour s’isoler de l’univers réel, n’était d’après moi qu’une recherche désespérée d’une façon de ne pas vieillir.
Elle est bien loin, l’époque de Thriller, où l’artiste avait marqué mon adolescence par ses musiques, ses clips et sa façon de danser.
Et moi... oui, j’ai vieilli, mais je l’accepte.


Mardi, le 19 mai 2009
Tiens, un zeugma !
En répondant hier au courrier électronique d’un copain de mon laboratoire qui me proposait de le rejoindre, avec d’autres collègues, pour une balade en roller, je me suis aperçu que j’avais rédigé un zeugma.
Le zeugma se définit comme étant une figure de style qui « force un terme à s’accorder avec plusieurs déterminants alors que sur le plan sémantique un seul peut normalement convenir ». Plus simplement, il s’agit d’un verbe suivi de deux compléments, l’un gérant une idée abstraite, le second une idée concrète. Par exemple :
« Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours »
de Guillaume Apollinaire dans son recueil de poèmes Alcools.
Certes, ce que j’ai écrit était moins poétique, mais était arrivé de façon inopinée.
Tout d’abord, j’avais répondu à mon collègue par l’affirmative : il devrait faire beau, et après quatre heures de cours donnés à des étudiants de Master, un peu de sport du temps de midi m’aurait fait du bien. Mais en préparant mon cartable, mon enthousiasme a fait place à la franche réalité. J’avais oublié qu’en fin d’après-midi j’allais me rendre à l’atelier d’arts plastiques. Avec une matinée prise par les enseignements, il ne me restait plus beaucoup de temps pour me consacrer à mes activités de recherche et d’administration. De plus, je devais transporter, outre mon ordinateur portable et mes notes de cours, mon matériel d’arts plastiques et ne pouvais pas en plus m’encombrer d’un sac de sport avec mes rollers.
C’est ainsi que j’ai fini par décliner l’invitation à la balade en roller, indiquant que ma journée allait déjà être bien chargée... et que moi aussi.


Vendredi, le 8 mai 2009
Pas si méchant
Dure journée que celle d’hier.
Tout d’abord, il me restait à évaluer des dossiers de jeunes candidats. Ah là là, non ! Par rapport à d’autres dossiers de candidature vus les jours plus tôt, ils n’étaient vraiment pas bons du tout : pas de publications scientifiques de grande valeur, ou des travaux de recherche situés dans des thèmes trop éloignés de ceux souhaités par le laboratoire d’accueil et qui amenaient à penser que ces jeunes docteurs auraient de grosses difficultés d’intégration pour le poste convoité. Dommage pour eux.
Après avoir traité ces derniers dossiers, j’ai eu à évaluer un article proposé à une revue scientifique internationale qui m’a choisi pour faire partie de son comité de rédaction. Ouille ouille ouille, une catastrophe, cet article ! Tout avait l’air brouillon, de la présentation au style, pas de respect de la typographie, plein de fautes et, surtout, cette proposition d’article n’avait aucune pertinence scientifique. Je ne suis pas parvenu à trouver quelque chose à sauver dans ce fouillis. Too bad again.
Je suis ressorti un peu amer du laboratoire. Faire avancer la science, c’est aussi séparer le bon grain de l’ivraie.
Pas grand monde dans le tramway. J’ai trouvé une place libre, isolée, idéale pour poursuivre ma lecture des critiques de livres dans le dernier Bifrost. Un peu plus tard, le tram s’est retrouvé plein. J’ai cédé ma place à une vieille dame. Ouais, j’ai fini ma journée par une bonne action. Je ne suis pas si méchant, hein ?


Mercredi, le 22 avril 2009
Article suppimé
(...)


Vendredi, le 6 mars 2009
Il y a des jours comme ça...
En ce moment, je n’ai pas la grande forme. Bien que je me couche assez tôt (en tout cas, avant 23 heures), j’ai du mal à me réveiller avant 7 heures du matin, alors que d’ordinaire je suis une véritable pile électrique, et ceci dès 6 heures – voire 5 heures – du matin.
Peut-être suis-je un peu malade. En plus de la fatigue, je ressens une petite douleur à la gorge qui disparaît à grands coups d’infusions au miel.
Hier, en tout début d’après-midi, j’ai assisté à un séminaire d’un enseignant-chercheur nouvellement arrivé dans notre laboratoire. Ses thématiques de recherche étant très éloignées des miennes, j’ai eu bien du mal à me concentrer sur son exposé... Au bout d’une heure, non seulement j’avais eu l’impression d’avoir perdu mon temps, n’ayant rien retiré de la présentation, luttant de toutes mes forces pour ne pas m’endormir, mais en plus le vilain torticolis que j’avais attrapé samedi dernier en bricolant s’est rappelé à mon bon souvenir.
Pas glop, pas glop...


Vendredi, le 27 février 2009
Article supprimé
(...)


Jeudi, le 26 février 2009
Élégie
Inducteur : histoire du jour selon un genre imposé

Écrire la journée réelle ou fictive vécue hier à la manière d’une élégie (c’est-à-dire un poème lyrique exprimant une plainte douloureuse, des sentiments mélancoliques).

Temps de rédaction : 15 minutes

Travail dans une ambiance de vilaine froideur,
J’ai l’impression amère qu’on se fout des chercheurs.
Ce merveilleux métier qu’est le mien dépérit :
C’est la faute à Nicolas, Xavier, Valérie.

Merci à la MicæV !


Vendredi, le 19 décembre 2008
Article supprimé
(...)


Mardi, le 4 novembre 2008
Article supprimé
(...)


Lundi, le 20 octobre 2008
Article supprimé
(...)


Lundi, le 22 septembre 2008
Et ce n’est que le lundi...
Ce matin, je suis arrivé un peu trop juste sur le quai de la gare : le train avait déjà verrouillé ses portes et est parti sans moi. J’ai ainsi été obligé de ravaler ma rage et de prendre le train suivant, une demi-heure plus tard, et, au lieu d’arriver à l’Université avec 25 minutes d’avance, je suis arrivé – la logique est implacable ! – dans ma salle de cours avec 5 minutes de retard. Ceci dit, les étudiants n’y ont vu que du feu...
Toujours ce matin, au bout de mes deux premières heures de cours, j’ai terminé ma séance par un joli lapsus. Au lieu de dire « Nous verrons ceci après la pause », j’ai dit : « (...) après la pub », ce qui a bien fait rire mes étudiants.
Et pourtant, je n’ai pas de télévision.
Et pourtant, ce n’est que le lundi...


Vendredi, le 1er août 2008
Article supprimé
(...)


Samedi, le 5 juillet 2008
L’heureux tour / le retour
Ça y est, c’est officiel : fin août, au retour de Nyons où se déroulera la convention nationale de science-fiction, je devrai quitter mon appartement de Saint-Étienne. Une page sera tournée. Ou plutôt qu’une page, il s’agit d’une boucle qui sera à nouveau bouclée, de l’accomplissement d’un demi-tour permettant de faire tour complet... et donc, d’un « retour ».
Grâce aux archives de ce blogue, je découvre qu’il s’agit d’une drôle de réponse à la vie que j’avais vécue il y a presque cinq ans de cela...
Je ne suis pas vraiment triste, oh non, car si je quitte – sans vraiment la quitter – cette préfecture de la Loire où je vais continuer à aller régulièrement pour mon travail, c’est pour pouvoir vivre avec la femme de ma vie dans un appartement (encore à trouver) situé dans l’un des arrondissements de la préfecture du Rhône.
Lyon est une ville que j’adore, qui m’est chère pour de multiples raisons, la ville dans laquelle j’avais déjà vécu à deux occasions, la première fois pour débuter la partie la plus intéressante de mes études, loin de mes parents, et la seconde pour y préparer et soutenir une thèse de doctorat. Six ans de ma vie.
Lyon, où je me trouvais encore il y a deux jours, à l’occasion du bref passage de ma belle-sœur, elle que je ne vois plus guère puisque, avec mon frère, ils se sont installés au Canada.
métro Guillotière, à Lyon
Ma vie va donc prendre un nouveau tour, un heureux tour, avec sans doute moins de temps pour faire de la sculpture, mais beaucoup plus à passer dans les transports en commun, ce qui va me donner l’occasion de pouvoir reprendre l’écriture, moi qui — inspiré par ma belle — porte depuis quelque temps l’envie de coucher sur papier des nouveaux textes de fiction.
Alors, hier, j’ai pris quelques heures pour terminer la sculpture en argile qui traînait depuis trop longtemps, elle a besoin de l’été pour sécher afin de pouvoir être cuite avant le déménagement.


Mercredi, le 28 mai 2008
Fest’Uval Jean Mon’Arts 2008
Ouais, je sais, je ne poste plus beaucoup d’articles sur le blogue à desseins (pas ma faute : ma vie est très mouvementée en ce moment), mais oyez, oyez : la prochaine édition du Festival de l’Université Jean Monnet (plus connu sous l’appellation Fest’Uval Jean Mon’Arts) se déroulera les soirs des jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 juin 2008, au Château de Saint-Victor, à quelques kilomètres de Saint-Étienne.
Fest’Uval Jean Mon’Arts 2008
Au programme : des concerts de musique (classique, jazz, pop rock, reggae, hip hop, etc.), des représentations théâtrales, de la danse (moderne ou orientale) et toujours une exposition de peintures, sculptures, dessins et photographies... où votre serviteur présentera ses dernières créations.
C’est un festival de qualité, gratuit, mêlant jeunes et moins jeunes (étudiants, profs et autres personnels universitaires) dans un cadre des plus agréables... alors venez y faire un tour !


Vendredi, le 28 mars 2008
Zen / Yin / Yang / Yen
Retour en France, retour à la normale.
Bien arrivé, aucun problème avec les métro, avions, navette, train et tramway.
Déjà une journée de boulot, hier, et j’imaginais même avoir la force d’aller à mon club de sport en soirée. Je me suis cependant écroulé dans mon lit à 19 heures...
Joie, avec une heure de sommeil en moins, ce week-end, mon décalage va se rattraper plus facilement.
Sinon, j’étais bien content : aucun des fragiles articles achetés au Japon ne s’est cassé durant le voyage. Mes petits gâteaux à base de crème et de pâte de haricots font les délices de mes collègues, je vais me lancer dans la calligraphie de kanji et je vais pouvoir présenter mes plats japonais avec un service de table très classe.
souvenirs rapportés du Japon
Une chose encore à régler, qui gonfle présentement la poche de ma veste où se trouve mon portefeuille (et moi aussi, de par le fait) : le transport et l’hôtel m’ont été payés sur place, dans la devise locale, et j’ai donc sur moi des milliers de yens... que ma banque refuse d’échanger en euros. Gasp !


Vendredi, le 21 mars 2008
Incomparable petite satisfaction personnelle...
...d’avoir compris qu’en jouant sur la force exercée sur les baguettes, on peut soit découper (du poisson, du tofu) soit saisir les morceaux de nourriture.
À part cela, dans cette université japonaise, en tant que professeur invité, j’ai droit à un bureau de ministre...


Mercredi, le 19 mars 2008
Un problème chasse l’autre
D’ordinaire, les heures qui précédaient un grand départ me voyaient suer sang et eau à essayer de faire rentrer toutes mes affaires dans ma petite valise (sans la bousiller).
Aujourd’hui, c’est bien fini : je me suis acheté un plus grand modèle. Et voilà un autre problème : avec tout ce que j’ai promis de rapporter de France au collègue et ami japonais, je ne vois pas comment me débrouiller pour n’emporter que les 20 kg de bagage auxquels j’ai droit...
Au secours !


Mardi, le 18 mars 2008
Pâtes au logis, nouilles au Japon
Je viens de voir la bande annonce du film Pathology. Brrr. Glauque à souhait.
Demain, je vais prendre l’avion. Direction : le pays du soleil levant. Arrivée : Fukuoka. Objectif : travailler avec un collègue de l’Université de Kyûshû.
Oui, mais bon : quel rapport entre ces deux événements ? Il suffit de s’intéresser à l’histoire et d’apprendre ce que les chercheurs en médecine japonais avaient pratiqué sur des prisonniers occidentaux durant la Seconde Guerre mondiale pour avoir un petit peu les chocottes.
Sayônara !


Vendredi, le 7 mars 2008
Lost in translation (2/2)
L’une des premières conférences où je me sois rendu tout seul, à l’époque où j’étais étudiant en thèse, était organisée à Helsinki.
Départ de Lyon, changement à Paris, arrivée à l’aéroport de la capitale finlandaise dans l’après-midi du samedi.
Seulement voilà, ma valise n’apparaissait pas sur le tapis roulant.
Bien, bien, bien... Que faire ? Découvrant que je n’étais pas le seul dans cette situation, je suis allé voir un guichet de réclamation et j’ai expliqué, dans un anglais peu assuré, mon problème. J’ai alors rempli un formulaire, indiqué à quoi ressemblait ma valise et inscrit le nom de l’hôtel où j’allais me trouver durant mon séjour. J’ai alors reçu une mallette de secours censée contenir un petit nécessaire de toilette, parce que, bien entendu, ma trousse de toilette ainsi que tous mes vêtements de rechange se trouvaient dans la valise.
Avec mon seul sac sur le dos, j’ai pris la direction de la ville, rencontrant par hasard dans les transports en commun un chercheur italien que j’avais déjà croisé lors d’une autre conférence. Je me suis rendu compte qu’il s’agissait du président de la session où je devais effectuer ma présentation, aussi suis-je allé l’aborder pour le saluer et lui faire part de ma mésaventure.
Depuis le centre-ville, je me suis rendu à mon hôtel, appréciant malgré moi le fait d’être peu chargé pour trouver mon chemin. Je me rappelle que le nom d’une boutique de lingerie m’avait profondément amusé : «le Slip », qui, pour nous, n’a rien de très sexy, mais qui, pour les Finlandais, devait paraître très français...
Mon hôtel, ma chambre, tout est impeccable. Pas de valise à défaire, j’ai retiré le plastique entourant ma mallette, ouvert celle-ci... et découvert qu’elle ne contenait rien du tout. Vraisemblablement une erreur.
Bien, bien, bien... Pas de dentifrice, juste les mini-savon et mini-shampoing de l’hôtel, je n’allais pas aller bien loin.
Avec mon plan, j’ai décidé d’explorer Helsinki, un petit passage jusqu’à la mer Baltique, le centre, un dîner sur le pouce dans un fast-food (argh, je n’aurais pas de quoi me brosser les dents !) et je suis rentré à mon hôtel, prêt à me coucher devant la télévision, angoissant de ne pouvoir me changer ou me raser le lendemain, moi qui avais prévu de faire quelques visites, et même d’assister à l’office du dimanche, bien qu’ignorant tout du finnois et n’étant ni protestant (héritage du passé suédois de la Finlande) ni orthodoxe (héritage russe).
Finalement, vers onze heures du soir, la réception m’a appelé pour me signaler que ma valise a été ramenée par le service de l’aéroport (elle n’avait pas suivi mon avion durant ma correspondance à Paris) et est parvenue à bon port avec le vol suivant. Ouf !


Dimanche, le 2 mars 2008
Lost in translation (1/2)
À un peu plus de deux semaines de mon voyage à Fukuoka, voici le premier de deux articles sur ces « grands moments de solitude » liés à mes déplacements professionnels à l’étranger.
Il y a quelques années (en janvier 2006), j’ai dû partir à Tripoli, dans le nord du Liban, pour donner quelques cours. Le séjour était excellent, et je désespère de ne pouvoir y retourner en raison de la situation politique actuelle, mais il avait plutôt mal commencé...
Aéroport de Francfort où je faisais escale, deux heures de retard. Je suis arrivé à l’aéroport de Beyrouth vers deux heures du matin, au lieu de minuit, la tête en vrac après avoir essayé de dormir un peu dans l’avion. Coup de chance : un chauffeur de taxi était là à m’attendre, je n’y croyais plus en raison du retard. Mais le chauffeur parlait à peine quelques mots d’anglais, et pas du tout français, j’étais obligé de lui faire confiance et de le suivre dans sa voiture. Mes premières impressions du pays étaient curieuses, je découvrais Beyrouth à la lueur des phares et des lampadaires, puis nous avons longé la côte, balancés par le rythme de la musique orientale.
L’hôtel. Une charmante demoiselle à l’accueil m’a expliqué dans un anglais impeccable les consignes d’usage, la serrure, le petit déjeuner. Il était plus de quatre heures du matin quand j’ai enfin pu me coucher dans mon lit.
J’ai fait sonner mon réveil très tôt afin de contacter l’université et de savoir comment allaient se passer mes interventions. Comment me rendre à l’université ? À quelle heure mes cours devaient-ils débuter ? Personne n’a répondu au numéro de téléphone que j’avais noté. J’ai fait un nouvel essai vers huit heures, toujours personne. J’ai essayé un autre numéro, le portable du responsable des enseignements. Rien, si ce n’était un message que j’avais laissé sur le répondeur. Je commençais vraiment à me faire du souci. Neuf heures, nouvelle tentative. Ah, enfin, quelqu’un a décroché ! Je suis tombé sur la secrétaire. Elle a engagé la conversation en arabe, et je n’ai évidemment rien compris. J’ai parlé en français. La voix poursuivait en arabe. À l’intonation, j’avais pu deviner qu’elle me posait une question. J’ai essayé en anglais sans plus de succès. La voix semblait insister en arable, me mettant dans un grand désarroi, jusqu’à ce que la secrétaire, de guerre lasse, finît par raccrocher.
Considérant ma situation sans issue, je suis retourné me coucher...
Finalement, vers midi, le responsable de la formation a appelé l’hôtel et tout est rentré dans l’ordre : je n’ai eu à donner de cours qu’à partir du lendemain, mais j’avoue avoir été dans un état de grande confusion ce matin-là, fatigué, perdu et incapable de communiquer.
(Le titre de cet article est inspiré de l’attachant film de Sofia Coppola).


Lundi, le 25 février 2008
Dragon du soleil levant
Inspiré par mon futur déplacement professionnel au Japon, j’ai peint un nouveau tee-shirt.
t-shirt personnalisé dragon
À noter : les dragons chinois ont cinq orteils alors que ceux du Japon en ont trois. Les Nippons considèrent que les dragons sont originaires de leurs pays mais, loin de l’archipel, ils mutent pour voir apparaître des orteils surnuméraires, ce qui les gênent pour se déplacer avec aisance sur leurs pattes.


Mardi, le 5 février 2008
Noël au balcon, Pâques au Japon
Si tout va bien, à la mi-mars, et pendant deux semaines, je serais au Pays du Soleil levant...
Parfois, j’aime vraiment mon métier d’enseignant-chercheur.


Samedi, le 1er décembre 2007
Super crédible
Pour me débarrasser d’une personne au téléphone qui tenait absolument à me faire la publicité de son magasin d’ordinateurs, j’ai dit : « Oh, mais moi, l’informatique, je n’y comprends rien, et ça ne m’intéresse pas ! »
Niveau zéro de l’argumentation technophobique : imparable.
L’importun ne pouvait pas savoir que je suis juste un petit peu docteur, enseignant (enfin, quand la faculté ne sera plus bloquée) et chercheur de cette discipline...


Vendredi, le 9 novembre 2007
Radiations nocives
En entrant dans une salle de travaux pratiques remplie d’ordinateurs, une affiche indique : « Merci d’éteindre vos portables avant d’entrer dans les salles informatiques. Ceux-ci causent des dommages aux processeurs. »
Un plaisantin a transformé le « c » de « processeur » en « f », indiquant de façon judicieuse que les enseignants sont aussi sensibles aux radiations...


Jeudi, le 25 octobre 2007
Pli, noeud, graphe, lien...
Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais tous mes centres d’intérêt – aussi diversifiés soient-ils – me dirigent, que je le veuille ou non, vers une thématique commune.
En sculpture, après m’être intéressé au modelage et à la taille directe, je continue mon travail sur les formes et les couleurs avec un épisode sur les pliages, et leurs expressions magnifiées qu’est l’origami.
Mes 100 premières grues en origami
En arts graphiques, et cela depuis quelque temps maintenant, je travaille sur les ambigrammes, ces textes dont la calligraphie étrange cache des propriétés de symétrie.
Pour l’une de mes activités sportives favorites, la pratique de la plongée sous-marine, lorsque nous ne nous entraînons pas dans la piscine, nous voyons – en plus des consignes de sécurité, des aspects liés au matériel et à l’orientation – comment réaliser des nœuds marins, essentiels pour attacher une partie du matériel de plongée ou pour la navigation en bateau.
Il est étonnant de voir que ces trois domaines, abordés de façon ludique en ce qui me concerne, sont grandement étudiés et théorisés, et j’ai du mal à employer ces derniers sous forme purement artistique ou pratique en essayant d’ignorer tous les modèles mathématiques qui se trouvent derrière.
Dans mon travail de recherche, je suis amené à manipuler des graphes pour de multiples raisons, des propriétés de voisinage, des histoires de distance ou certaines formes de représentation.
Ainsi, dans la « vraie vie », tout comme dans mes textes de fiction, je suis amené à assembler des concepts qui semblent n’avoir aucun point commun, à les replier, à les nouer, à les assembler, à les lier...
Avec un peu d’espoir et de chance, j’espère bien aboutir un jour à une forme artistique ou intellectuelle qui puisse avoir quelque intérêt, dans quelque domaine que ce soit... une petite clé ouvrant l’une des portes parmi la multitude constituant l’énigme de l’univers...


Jeudi, le 13 septembre 2007
La double double-vie de Fabrice M.
L’excellent et regretté Polonais Krzysztof Kieślowski avait réalisé, en 1991, un film étonnant : la Double Vie de Véronique. Dans ce petit bijou cinématographique, une femme, après la mort de son impossible double, voyait sa vie curieusement changer...
En ce qui me concerne, j’ai deux doubles vies : une d’enseignant/chercheur qui m’occupe durant une bonne partie de la période diurne des jours ouvrables (et bien souvent davantage) où je suis le « docteur Fab M. », et une autre d’auteur/sculpteur – que j’exerce le reste du temps – sous le pseudonyme de Mister « F. Méreste ».
Parfois, ces deux vies se mêlent. Hier matin, avant de coiffer ma casquette de prof et de passer la journée à participer à des jurys de soutenance de stage ou à donner des cours, j’étais devant l’ordinateur afin de concevoir l’affiche annonçant la prochaine exposition d’arts plastiques de mes collègues et moi-même (cela se passera à l’atrium de la Bibliothèque universitaire du site de Tréfilerie « Droit, Lettres », à Saint-Étienne, du 13 au 28 septembre 2007, voir ici). Et tout à l’heure, je vais installer cette expo avant de retourner bosser « pour de vrai » à mon labo.
Samedi, cette fois en tant qu’auteur, j’irai à Lyon pour participer au Lyonnacolo, une soirée-débat avec quelques auteurs et animateurs du petit monde science-fictif de France et d’Italie, un événement organisé par les Lyonnes de la SF.
Bref, je n’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer...
Enfin, petite nouveauté : j’ai décidé de ne plus indiquer directement mon pseudonyme sur les étiquettes des œuvres plastiques que je vais exposer. Désormais, seuls seront présents le nom de la sculpture, l’URL permettant d’accéder à ce site Web et, en guise de signature, le nouvel ambigramme de mon nom d’artiste :
Méreste, l’ambigramme me servant désormais de signature




Samedi, le 2 juin 2007
Blanche
Blanche, comme la nuit que je viens de passer à terminer un article scientifique tout juste avant la date limite, le 1er juin, et minuit, fuseau horaire du Temps standard du Pacifique, soit en cours de matinée en ce qui me concerne, et dans l’après-midi pour mon collègue japonais.
Blanche, comme la poudre que j’aurais pu renifler pour tenir le coup et avoir les neurones en éveil, mais je connais trop bien les effets pharmacologiques de ces saloperies pour ne pas me laisser tenter... contrairement aux étudiants (ou profs ?) de la Ville éternelle. Du coup, je me suis dopé aux thés à la menthe super sucrés et aux tartines de Nut’ (je sais, c’est mal).
Blanche, comme mes sculptures sorties du four. L’argile beige, une fois cuite, n’est pas vraiment intéressante sans patine. Et je dois tout terminer avant l’expo, la peinture sera à peine sèche au moment de l’accrochage. Gasp.
Blanche, c’est la couleur des roses de l’horrible chanson lacrymogène du môme qui les offrait à sa maman. Merde, c’est la fête des mères demain. Ah oui, joie d’Internet : deux clics et des fleurs sont envoyées à bon port.
Blanche, c’est ma figure de vampire qui fuit le soleil. Bon, j’ai besoin de prendre des vacances. Je les ai méritées. Tiens, du coup, je vais patiner une de mes sculptures de couleur bronze.


Mardi, le 24 avril 2007
Le jour le plus long
Réveillé avant 4h00 du mat’, déjà fait le tour de quelques blogs, ceux de Markus (merde, je suis accro aux aventures de son agent vraiment très spécial), de Valérie (tiens, rien de neuf ce matin ?) et d’Adeline (avec son test coloré mais... même si je l’adore, je lui conseille de surveiller sa grammaire).
De 4h00 à 8h00, cela fait un peu moins de 3 heures si je tiens compte du temps pris pour le petit déj’, pour terminer cet article sur mon blog, pour me préparer et prendre le bus afin de me rendre au travail.
De 8h00 à midi, j’enchaîne deux surveillances d’examen de 2 heures chacune, et comme je me suis super bien préparé, je vais pouvoir bosser sur mon ordinateur portable en jetant de temps à autre un oeil (puisqu’il paraît que je n’en ai qu’un, comme Albator) sur mes étudiants pour qu’ils ne copient pas les uns sur les autres.
De midi à deux, encore 2 heures, moins la pause déjeuner (pas de sandwich, mais 20 minutes suffisent pour passer au resto du personnel).
Ensuite, nouvelle pause dans mon activité de recherche afin d’endosser mon costume d’enseignant : quatre heures de cours magistraux devant le nombre ridicule d’étudiants ayant choisi mon option (soyons zen).
Enfin, retour à la maison, et sans doute encore beaucoup de travail avant d’aller retrouver mon lit.
Tout ça parce qu’il me reste moins de 2 jours, 8 heures et 43 minutes pour envoyer un article-de-recherche-qu’il-sera-trop-bien à une conférence-qu’elle-est-trop-chouette en Pologne.
Allez, Goldodrak, go !


Samedi, le 3 mars 2007
Mars, et ça repart
En vrac :
Des jours à trop peu dormir, pris par du boulot avec des collègues qui ne remplissent pas leurs parts du marché, mais au final un bel article de recherche bouclé pour une conférence sympathique.
Tristesse, un grand monsieur de la science-fiction nous a quitté. J’en avais parlé ici.
Enfin, j’ai (encore !) gagné des places de cinéma. Cela m’a inspiré cette short short story.


Jeudi, le 18 janvier 2007
Le travail fait rigoler
L’autre jour, j’ai reçu un courrier électronique d’une collègue qui a envoyé son message à tout plein de personnes, dont des gens importants (puisque moi, oui, ben, non...).
Et la brave dame parle de plein de trucs sérieux, notamment d’un nouveau cahier des charges sur lequel il faut travailler, et bla bla bla.
Sauf que dans l’expression « cahier des charges », elle avait oublié de taper le premier « A », produisant un charmant lapsus calami (non je n’ai pas dit lapsus kamini), ou un lapsus clavis si l’on veut être plus exact.
Quand j’ai fait remarquer à ma collègue son erreur (oui, parce que je suis comme ça), elle a hésité entre mourir de honte ou de rire...


Lundi, le 27 novembre 2006
Les gamins, parfois c’est mal, parfois c’est bien
Les gamins, quand ils naissent et que des collègues vous laissent tomber parce qu’ils prennent des congés parentaux, et que du coup vous devez les remplacer et êtes obligés de modifier tous vos projets, ce n’est vraiment pas cool.
Mais quand les gamins sont présents dans une salle de cinéma où vous vous trouvez aussi avec un bon copain parce que vous avez gagné des places pour voir Souris City, c’est quand même bien sympa. Il y en a vraiment pour tous les âges dans le dernier né des studios DreamWorks, avec différents niveaux de lecture (sérieusement, vous croyez qu’un môme saisit l’allusion quand on découvre un cafard lisant la Métamorphose de Kafka ?), et il est difficile de résister aux fous rires communicatifs de la salle et aux applaudissements spontanés. On a beau dire, ça n’a rien à voir comparé au home cinéma.


Mercredi, le 13 septembre 2006
Docteur Fab et les copieurs
Hier, en lisant par hasard la thèse d’un jeune chercheur, j’ai été surpris de découvrir que j’avais été plagié !
Je sais que l’univers de la recherche est un monde sans pitié, mais plutôt que de ressentir du mécontentement ou de la colère à la lecture de mes idées et mes mots repris sous la plume d’un autre, je n’ai éprouvé que de l’amusement.
Il faut avouer que ce que le copieur a repris de ma thèse de doctorat, en plus du style LATEX créé pour l’occasion, n’était autre chose que... mes phrases de remerciements !


Mercredi, le 6 septembre 2006
C’est la rentrée
Même si je suis retourné travailler à mon labo depuis deux semaines, ce n’est qu’à partir de lundi qu’a eu lieu la rentrée des différentes promotions d’étudiants, et je n’ai donné mon premier cours de l’année que cet après-midi : plus de 200 étudiants dans mon amphi.
Et de l’autre côté de la barrière ? Certains ont des visions cauchemardesques de leur scolarité, d’autres se souviennent surtout du côté « chacal » des années collège, mais moi, bizarrement, je n’ai pas de si mauvais souvenirs que cela, peut-être faut-il accuser ma mémoire d’être optimistiquement sélective...
Le week-end dernier, j’ai accueilli mes parents qui faisaient étape à Saint-Étienne dans leur traversée de la France, et ces derniers sont venus chargés de légumes du jardin (potirons, tomates, courgettes, concombres...), de confitures, mais aussi d’un gros carton étiqueté « affaires scolaires Fabrice ». Et là, en ressortant ces feuilles volantes et ces cahiers oubliés depuis des années, grosse plongée dans le passé.
Comment imaginer que l’auteur de ces croquis qui se détachaient à peine des gribouillis allait plus tard faire des dessins si jolis qu’il pensait – jusqu’à la fin de la troisième – se destiner au métier de la bande dessinée ? Est-ce que le professeur de français de première qui mettait des mauvaises notes à ceux qui choisissaient la dissertation au lieu du commentaire composé – sous prétexte qu’ils étaient dans une filière scientifique – se doutait qu’un jour l’un d’entre eux publierait des articles et nouvelles... avant peut-être un roman ?
Ce n’est pas simple d’être un élève, c’est encore moins simple d’être prof, mais nul n’a jamais prétendu que la vie était simple...


Lundi, le 8 mai 2006
Vivement l’école, qu’on puisse dormir...
La semaine dernière, je suis parti en conférences.
Cela avait commencé sur les chapeaux de roues. Le matin même, c’était déjà la course pour aller dans un magasin d’électroménager afin de leur rapporter les enceintes de mon ordinateur... elles n’émettaient plus qu’un horrible grésillement et, comme par hasard, la garantie allait s’arrêter deux jours plus tard. Voilà un imprévu dont on se passerait volontiers.
À la gare, j’ai retrouvé mon co-auteur. Vu son âge, il pourrait être mon père, et c’est cependant un vrai gamin... Depuis deux semaines, il est un jeune papa, son épouse ayant accouché de jumeaux.
Pas le temps de souffler. Même le petit temps d’attente à la gare de Lyon Part-Dieu était mis à profit pour retrouver un copain. Durant le trajet jusqu’au grand Ouest en TGV, mon collègue et moi avions mis une dernière touche à notre présentation.
Nous sommes arrivés à destination à 20h31 précises, sans une minute de retard, hélas ce n’était pas suffisant pour attraper le dernier bus dont le départ était prévu à 20h15... Tant pis, nous avons fait rouler nos valises jusqu’à l’hôtel en passant par des endroits étonnamment champêtres (il faudrait un jour que les fabricants de valises pensent à équiper leurs produits de roulettes 4x4).
La conférence a rassemblé des grands chercheurs de mon domaine – c’est toujours à la fois curieux et très plaisant de voir en vrai des personnes que l’on a étudié à l’Université –, j’ai retrouvé un copain qui avait vécu pendant deux ans à Saint-Étienne, j’ai fait plein de connaissances sympathiques, j’ai très bien mangé (dans un restaurant gastronomique, j’ai choisi en entrée un flan de tourteau au coulis de chorizo, suivi de selle et ris d’agneau, un régal !), je suis même allé en discothèque avec d’autres conférenciers, bref, ce fut un de ces grands moments de stimulation intellectuelle qui me fait adorer mon métier.


Samedi, le 29 avril 2006
Vous avez bien dit... « vacances » ?
Théoriquement, la semaine qui vient de s’achever était une semaine de vacances.
Mais bon, ça, c’est la théorie.
En pratique, je n’ai sans doute jamais autant donné d’heures de cours dans ma vie d’enseignant-chercheur que cette semaine-là : il fallait bien rattraper les heures qui étaient prévues durant la période de blocage de l’Université (le blocage lié au retrait du CPE, vous vous rappelez ?)
Et hier matin, j’ai enfin pu endosser l’autre casquette de mon métier : je suis allé chez un copain avec qui j’ai écrit un article scientifique pour terminer la présentation que nous allons en faire à une conférence où nous irons la semaine prochaine. Joie !
C’était sans compter la réception du message électronique – mais néanmoins affolé ! – du directeur de mon labo qui, de l’autre bout de la Terre, m’a demandé de lui faire parvenir une fusion de différents fichiers rédigés par les membres de notre équipe et nos partenaires sur un gros projet de recherche. Retour en urgence à mon bureau dans l’après-midi pour effectuer le travail demandé, j’en ai profité pour rajouter un joli paragraphe sur les sciences cognitives, et, lorsque la nuit s’est mis à tomber, j’en avais fini avec tout ça aussi ai-je pu envoyer mes fichiers par e-mail avant d’éteindre mon ordinateur, fermer la porte de mon bureau, brancher l’alarme, fermer la porte de mon laboratoire, quitter l’Université et arriver devant l’arrêt de bus... Sauf qu’il n’y avait plus de bus à cette heure (à moins d’aimer patienter une demi-heure dans le noir dans un quartier pas vraiment accueillant).
Bilan des courses : retour à pied (entre 45 minutes et une heure de marche, avec des nouvelles chaussures, argh), mon sac sur le dos chargé de mon ordinateur portable (heureusement mon sac – nouveau, lui-aussi – est bien plus pratique et agréable à porter que l’ancien), avec ma légère chemise et ma veste printanière ne me protégeant guère de la fraîcheur nocturne...
Bon, à vrai dire, on s’est fout : ce sont les vacances, non ?


Mardi, le 11 avril 2006
Machine arrière
Enfin !
Le gouvernement s’est décidé à retirer le CPE, du moins sous sa forme actuelle...
Les étudiants ont donc décidé d’arrêter le blocage de l’Université où je travaille.
Les cours ont pu reprendre, le programme des enseignements s’est remis en route avec trois semaines de retard. Le retour à la normalité nous ramène à la situation que nous vivions durant le mois dernier.
Du coup, le temps aussi a décidé de faire machine arrière : en plein mois d’avril, nous avons eu de la neige !


Jeudi, le 16 mars 2006
Ouvert / Fermé
Hier avait lieu la Journée Portes Ouvertes dans l’Université où j’interviens, la fameuse grand-messe annuelle d’information sur tout l’éventail de nos formations auprès des futurs bacheliers ou autres diplômés du supérieur...
Sauf que, en raison de la grève des étudiants liée au retrait du CPE, les portes de certaines facultés étaient fermées.
Finalement, pour éviter ce couac mémorable, comme c’était aussi la Journée Nationale du Sommeil, tout le monde aurait dû plutôt rester coucher chez soi.


Dimanche, le 15 janvier 2006
Médicament
Dans un instant, je vais partir au Liban (pour mon boulot).
Du coup, j’ai bu du soda en prévision des troubles gastriques qui risquent de m’arriver là-bas (par exemple si j’oublie de me brosser les dents à l’eau minérale). Et je compte en boire aussi sur place (avec du thé, hein, faut quand même pas déconner) parce que c’est quelque chose qu’il est assez facile de trouver un peu partout sur Terre. La boisson du docteur Pemderton est en effet si horrible (à la fois terriblement acide et effroyablement sucrée) que même les méchantes bactéries n’osent s’y frotter.
C’est peut-être ça, la mondialisation : la santé pour tous ?
Teuf, teuf, qu’est-ce qu’il ne faut pas dire, parfois...


Vendredi, le 13 janvier 2006
Dormir, nager, manger
Je ne sais si cela est dû à mon manque de sommeil (ne dormir que quatre heures parce que l’on participe à l’organisation d’un congrès) ou à un certain stress (je dois partir dans quelques jours au Liban pour une mission d’enseignement, et un bon nombre de problèmes logistiques n’ont pu être réglés à l’heure actuelle), mais je viens de faire un rêve dont je suis parvenu à me souvenir.
Ou plutôt un cauchemar.
J’étais dans la mer, avec de nombreux baigneurs, et soudain une grosse ombre s’est rapprochée à très grande vitesse.
Puis un « plouf », quelques éclaboussures, et j’ai mis ma tête sous l’eau pour voir s’éloigner une espèce d’énorme requin noir.
Mon voisin de baignade (ou ma voisine ?) avait disparu, laissant à l’eau une sinistre teinte rouge.
Tout le monde a alors été pris de panique, et c’est à ce moment-là que je me suis réveillé en sursaut...
Euh, docteur Freud, c’est grave ?


Jeudi, le 22 septembre 2005
La loi des séries
Dans un article daté du 06/09/2005, j’évoquais le fait de ne pas avoir vraiment de chance en matière de déplacement. Les endroits où j’ai prévu de me rendre et où je ne peux finalement aller se retrouvent soudain maudits (à savoir Londres, Charm el-Cheikh, la Nouvelle-Orléans).
L’autre jour, à Lyon, entre mes activités de recherche nuptiale aquariophile (voir mon post précédent), je suis allé voir mon ancien directeur de thèse qui devait, lui, se rendre à cette fameuse conférence prévue à l’origine en Louisiane. Il m’a appris qu’à quelques jours de l’événement, les organisateurs avaient décidé de déplacer cette grande rencontre à Houston, dans l’État du Texas voisin.
Donc tout va bien, madame la marquise.
Ben non.
V’là-t-y pas qu’après Katrina, Rita vient d’atteindre la force d’un cyclone et s’approche dangereusement... du Texas.
Ben ouais.
Scoumoune, quand tu nous tiens !


Mercredi, le 14 septembre 2005
De l’inavouable bonheur d’être méchant
Il y a encore peu de temps, j’étais étudiant et mes seuls problèmes se résumaient à la réussite de mes années universitaires. J’étais plutôt tranquille, personne ne venait m’embêter, je n’avais qu’à me consacrer à mon travail.
Depuis que j’ai obtenu un poste, c’est étrange, mais j’existe soudainement pour d’autres gens. Il suffit d’avoir une certaine renommée scientifique, ou d’exercer des responsabilités mettant en jeu de l’argent ou des ressources humaines, et de curieuses têtes – pas toujours très bien intentionnées – font leur apparition dans le paysage pour lancer des attaques et s’approprier le modeste pouvoir (euh ?) dont on peut jouir.
Au début, on essaie d’être diplomate, on fait des concessions, on sort d’épuisantes réunions en croyant avoir évité le pire... Jusqu’à découvrir un peu plus tard que l’on s’est fait planter un couteau dans le dos. Même si ça fait mal, à la longue, cela ne ressemble plus qu’à un picotement désagréable. Alors on devient moins naïf. Et on en vient à répondre en détournant les coups portés par l’agresseur comme cela l’est pratiqué dans l’aïkido. Après, il est délicat de ne pas se réjouir de voir ces coquins mis hors d’état de nuire par KO. Mais, honnêtement, qui peut s’empêcher de sourire en voyant des méchants recevoir une tarte à la crème ?


Vendredi, le 8 juillet 2005
Distributeur de bonheur
Il y a quelques jours, j’étais dans un lycée pour présider un jury de bac. Longue discussion avec les différents enseignants pour savoir qui méritait d’avoir les quelques points manquants nécessaires pour passer du refus à l’admissibilité à la session de rattrapage, de l’admissibilité à l’admission, ou obtenir une mention...
C’est rassurant de voir que les élèves ne sont pas notés à la légère et que le facteur humain est encore essentiel dans ce genre de processus.
De la psychologie, il en fallait quand les lycéens venaient récupérer leurs relevés de notes, pas pour dire « félicitations » à ceux qui étaient admis, mais pour les autres, les recalés, déçus, ou ceux qui devaient passer le rattrapage et qui étaient un peu perdus... « Vous voyez, ce 4 en maths, c’est sans doute un accident, alors choisissez cette matière, comme il y a un gros coefficient, vous avez toutes les chances de vous rattraper à l’oral si vous révisez bien... » avais-je dit à cette jeune fille, les yeux noyés de larmes.
Et hier se sont déroulées les épreuves de rattrapage. Un grand nombre d’élèves avaient réussi à se racheter. Il y avait toujours quelques déçus, bien entendu, mais aussi ces visages plein de joie à la réception du relevé de notes marqué des palmes... La fille émotive de la fois passée avait à nouveau des larmes aux yeux, mais de bonheur cette fois, et ne cessait de dire : « merci ! »... Quel plaisir d’avoir le rôle du père Noël !
Au même moment, à Londres, des monstres avaient fait exploser des bombes dans les transports en commun... et le hasard avait distribué aveuglément la mort parmi de malheureux voyageurs et passants.
Cruel contraste.


Vendredi, le 1er juillet 2005
Décès de Monsieur Noir et de Monsieur Rouge
Hier, je suis allé faire une visite d’entreprise.
Au moment de noter les évaluations du stagiaire, ma feuille se maculait petit à petit de curieux ronds noirs... et, après un léger examen pour trouver l’origine de ce phénomène, j’ai découvert que des taches se trouvaient aussi bien sur mes doigts que sur le bureau.
Oups, il y avait comme un problème.
Très sérieux, le P.-D. G. de la boîte a expliqué que, avec cette chaleur, il n’était pas rare de voir l’encre des stylos se fluidifier et passer à travers la bille, d’où ma mésaventure.
Mais, en fait, non. Mon stylo noir n’était pas le seul à avoir rendu l’âme (pour les discussions sur l’âme des stylos, je ne suis pas spécialiste, demandez plutôt à Benoît, le gros garçon qui fait des bulles) : mon stylo rouge, de la même marque, présentait les mêmes sinistres symptômes.
C’est alors que j’ai eu un flash. Le week-end dernier, dans la pile de linge que j’ai lavé, j’avais mis ma veste... Et j’ai dû oublier de sortir mes stylos de la poche dans laquelle j’ai l’habitude de les mettre. Monsieur Noir et Monsieur Rouge ont donc été noyés par ma négligence...


Jeudi, le 19 mai 2005
Journée pas type (mais j’aimerais bien !)
Hier, réveil à 4 heures du mat’.
Non, ce n’est pas pour faire la queue afin de voir la « revanche des suites » au ciné, je devais aller à Lyon où j’étais convié à un jury.
Auditions, discussion, vote... de 8h30 à 15h30. Au final, j’ai été heureux de faire basculer la majorité dans le sens qui me semblait le plus juste.
Petit coucou à mes anciens collègues.
Passage pour voir le copain André en train de bosser avec son pote Rafu.
Un bref bonjour à mon ex copine, une fille charmante qui est restée ma meilleure amie.
Un peu de temps pour acheter de la nourriture pour mes poissons exotiques et du matériel pour mon aquarium.
Puis la course pour arriver à la gare et attraper le train du retour.
Arrivé à Saint-Étienne, je croise la miss avec qui j’ai failli sortir, l’an dernier. Ah, les hasards...
Soirée à finaliser un article sur le steampunk avec le compère Jean-Jacques.
Je me suis couché, très tard, avec la satisfaction d’avoir eu une journée remplie, et bien remplie.


Vendredi, le 1er avril 2005
Haiku
Hier, en assistant à la soutenance de thèse de la miss, au moment des questions, cette impression fugace :
L’amphithéâtre bleu
raisonne à l’unisson
d’une pensée collective



Mercredi, le 26 janvier 2005
Ouais, je sais...
Au lieu de m’occuper de mon nouveau site à moi, je fais du ski le week-end, je termine une nouvelle sculpture et je corrige des copies...
Et surtout, je suis à présent l’heureux papa de 8 charmants bambins : trois betta splendens (complètement stones, les jolies bêtes, le combattant mâle ne bouge que pour faire des bulles ou se déplacer vers la bouffe, et les femelles se cachent presque tout le temps) et cinq brachydanio rerio (complètement speedés, eux, ils traversent l’aquarium en une fraction de seconde, de vraies « formules un » de la natation).
Ah oui, j’y pense : faut que je reprenne mes entraînements à la piscine...
Bon, en attendant que je revienne, vous pouvez toujours voir ça (elle est pas belle, la vie ?)


Vendredi, le 3 décembre 2004
Fabrice et moi
Ça y est, je me fais une crise d’identité.
Bon, c’est pas grave, mais juste un peu gênant.
Je m’explique...
Dans la vraie vie, quand j’ai bien fait mon travail, je vais présenter le résultat de mes recherches dans des endroits où il y a d’autres gens qui sont aussi là pour ça, présenter leurs recherches et voir ce qu’ont fait les collègues et/ou copains.
Voilà, pour l’instant, c’est tout simple.
Dans l’autre vie, celle qui est aussi vraie, mais un peu moins, celle que je mène avec ce nom qui, pour de sombres histoires familiales, n’est pas le mien (ouais, je vis dans un pays bizarre où on porte un nom qui est aussi celui de son papa, ou occasionnellement celui de sa maman, et pas un nom inventé pour la circonstance, comme les « Tarzan » ou « Dartagnan » à Madagascar), dans l’autre vraie vie, disais-je, je porte un nom que je me suis choisi avec lequel je signe mes sculptures, mes textes de fiction, ce weblog... ou encore des articles qui portent sur des textes de fiction.
Et c’est là que tout se complique.
Parce que je vais aller au Colloque International de Science-Fiction de Nice pour y parler de steampunk... sous mon nom d’auteur. Or il se trouve qu’il s’agit d’un vrai colloque avec des vrais professionnels qui présentent leurs travaux... ouais, tout comme dans la vraie vie. Du coup, je ne sais pas trop comment m’inscrire ou me présenter.
Enfin, je crois que ça va se passer comme toujours dans ces cas-là : « Docteur Fabrice M. » bosse et paie les factures (le con !), et « Mister F. Méreste » fait le beau et récolte les lauriers (le salaud !)...


Dimanche, le 17 octobre 2004
Le roi de la montagne
J’ai grandi dans la plaine. Au nord : Strasbourg ; à l’est, la Forêt Noire de l’autre côté du Rhin ; à l’ouest : la ligne bleue des Vosges... À cette époque, lorsque j’allais du côté du Mont Sainte-Odile, j’avais la possibilité de voir l’Alsace, ou du moins une certaine partie de celle-ci, avec ses villages bâtis autour du clocher de l’église, ses champs, ses forêts, ses vignobles.
Lorsque j’ai quitté ma région natale et que je me suis retrouvé à Lyon, j’ai toujours aimé aller sur la colline de Fourvière, à côté de la Basilique Notre-Dame. De là-haut, je repérais ma nouvelle géographie : impossible de manquer la tour en forme de crayon permettant de localiser la Part-Dieu ; puis sur la gauche, le nord, l’opéra et l’Hôtel-de-Ville ; au milieu, la place Bellecour ; sur la droite, le sud, la Saône se mêlant au Rhône. Le même désir de hauteur me prenait quand je vivais à Paris : j’allais à la place du Trocadéro pour voir, au-delà de la Seine, la tour Eiffel et le reste de la Ville Lumière...
Voilà un peu plus d’un an que je vis à Saint-Étienne. Au début, j’avais un peu peur de ne pas trop m’y plaire : étant citadin dans l’âme, je craignais de trouver cette ville trop petite pour moi. Mais, finalement, non. Je m’y suis très vite attaché. Peut-être est-ce parce que je vis en plein centre-ville, à deux pas de toutes les manifestations culturelles importantes, comme la Fête du Livre qui s’est déroulée ce week-end, peut-être est-ce parce que mon immeuble se trouve à côté de toutes les facilités de transport en commun, peut-être est-ce parce que cette ville offre la possibilité de pratiquer des activités que je n’avais jamais eues l’occasion de reprendre, comme la sculpture, peut-être est-ce parce que je suis venu ici pour des raisons professionnelles et que j’exerce maintenant un travail que j’aime bien et dans lequel je parviens à m’épanouir, ce qui n’est pas si fréquent, ou peut-être est-ce simplement parce que j’ai trouvé ici quelques bons amis...
Cela peut sembler assez curieux, mais je crois que c’est aussi et surtout parce que tous les jours, lorsque je vais travailler, je me retrouve sur la colline d’où je peux voir la nature, les forêts, le ciel, les montagnes et la vallée du Gier qui s’étire vers Lyon. Chaque jour, devant mes yeux, s’étale le paysage aux mille beautés. Chaque jour, ce spectacle fait de moi le roi de la montagne.


Mercredi, le 29 septembre 2004
Shocking
Bon, euh, je ne pourrais pas poster le week-end prochain. Ouais, la recherche, c’est aussi présenter ses travaux à la communauté internationale (Trop d’la balle !)
Et c’est donc à Padoue et à Venise que je vais aller (Trop le pied !)
Donc ce blog sera mis en sommeil pendant une petite semaine, mais j’espère à mon retour mettre en ligne des comptes-rendus de nos fabuleuses réflexions scientifiques photos de ces belles cités italiennes.
Voilà.
En attendant, une petite blaguounette...

Alors, c’est l’histoire d’un trader de la City (à Londres !) qui rentre chez lui après une belle journée où il a, comme de coutume, réalisé de juteux placements malgré la conjoncture économique.

Notre homme a la quarantaine, il porte un complet veston anthracite, un chapeau melon, parapluie canne, et sur son visage se lit cet air satisfait de ceux qui ont le sens du devoir accompli et une confiance absolue en la reine.

Arrêté momentanément à un feu rouge pour les piétons, il se retrouve au côté d’un jeune punk, cheveux en crête rouge et verte, et ne peut s’empêcher de porter sur ce dernier un regard dédaigneux.

Le rebelle remarque le regard de son voisin et l’accoste en ces termes : « Eh, vous ! Qu’est-ce que vous avez, mon vieux ? À vous voir, je suis persuadé que vous n’avez jamais rien fait d’excentrique de toute votre vie ! ».

Notre homme soulève un peu son chapeau melon pour se gratter le sommet du crâne, réfléchit un instant, et dit finalement en soupirant : « À vrai dire, jeune homme, si. Une fois. Oui, j’étais bien jeune à cette époque, je devais avoir à peu près votre âge... et je me trouvais chez ma tante Suzie. Or Suzie, Dieu ait son âme, avait à l’époque un fabuleux perroquet femelle du nom, somme toute assez commun, de Coco. Et je dois vous confesser que j’ai eu avec ce trouble volatile des rapports, disons, contre nature. Ainsi, je me demandais justement, maintenant que je vous vois, jeune homme, si vous ne pourriez pas être mon fils... »


Allez, à bientôt ! Soyez sages, et n’oubliez pas d’arroser les plantes !


Mardi, le 7 septembre 2004
C’est la rentrée
Hier, sept heures trente. J’entre dans le bus bondé. Je ne peux attendre le prochain, je dois donner un cours à huit heures. Poussif, le véhicule se met en route, avalant de nouveaux élèves et étudiants aux arrêts suivants. Je reconnais certains de mes anciens étudiants que je suppose faire partie de ma nouvelle promotion. Échange de regards, échange de bonjours. Je veux répondre : « Ah, si vous êtes là, tout va bien, je ne suis pas en retard... » mais cette boutade ne parvient pas à se former sur mes lèvres.
À un moment, pas mal d’élèves descendent, et des contrôleurs montent. Un jeune sans ticket s’explique en prenant le chauffeur à témoin : « Faut leur dire, monsieur, que vous n’avez pas de monnaie ! ». Le conducteur du bus approuve avec lassitude. Le contrôleur laisse passer pour cette fois.
Terminus. Je me dépêche de déposer mon sac dans mon bureau et de récupérer mes affaires. J’ai horreur des craies mais la salle avec un tableau blanc était déjà prise. Tant pis.
Mince, mes étudiants sont prêt d’une quarantaine. J’avais prévu de faire des groupes de 3 ou 4 personnes, tablant sur une trentaine d’étudiants, ils seront donc plutôt 5 si je veux avoir mes 8 groupes.
Depuis quelques jours, je n’ai plus de rhume, mes yeux et mon nez ont cessé de couler, mais je dois souvent tousser, et j’ai un peu peur pour ma voix. Pas eu le temps de passer voir un médecin.
Mais tout va bien, je parviens à motiver ma promotion en la lançant sur des sujets nouveaux et étonnants. Pour la documentation, mes étudiants n’auront même pas à passer des heures à la bibliothèque : je leur demande de voir certains films ou de s’intéresser à quelques jeux vidéos. Au moins ai-je quelques espoirs, en agissant de la sorte, de ne pas me retrouver avec des documents résultant de quelques copier-coller issus d’Internet.
Ça a l’air de marcher. Je dois intervenir à plusieurs reprises pour faire le silence mais je crois avoir réussi à les sortir de la passivité dans laquelle ils se laissent trop souvent glisser.
À la fin du cours, un étudiant vient me voir et me propose même de faire un sondage en rapport avec le sujet sur le lequel il souhaite travailler, belle initiative que je m’empresse d’accepter en lui donnant carte blanche.
Je retourne à mon bureau pour travailler sur mon cours du lendemain.
Et aujourd’hui, il est un peu plus de cinq heures du mat’ et je suis debout pour finaliser un cours que je donnerai cet après-midi.
La journée sera bien chargée car, en plus de ce cours, je vais avoir deux réunions et être de jury à une soutenance de stage.
Après tout, ce n’est pas si mal que ça d’être prof...


Dimanche, le 20 juin 2004
Raku
Au cours de cette semaine, j’ai eu le plaisir de revoir un sympathique enseignant-chercheur japonais. Je lui ai fait un peu visiter Saint-Étienne, et je crois que c’est sans doute la première fois que j’ai servi de guide, n’étant pas encore arrivé dans la ville depuis an. Toutefois, comme je m’intéresse à mon cadre de vie immédiat, il ne m’a pas été trop difficile de présenter quelques curiosités, quelques témoignages du passé minier ou quelques endroits bien agréables de la ville comme ces ruelles où les bouquinistes gardent des trésors ou ces places où il est si doux de prendre un repas en terrasse.
Par ailleurs, j’aimerais bien un jour découvrir le Japon. J’ai failli y partir, il y a de cela quelques années à l’occasion d’une importante conférence, mais la date de soutenance de ma thèse m’a fait manquer ce rendez-vous. Alors j’assimile au quotidien certaines touches de culture de ce pays, que ce soit dans le domaine culinaire ou vidéo en allant de Kurosawa... au Capitaine Harlock de notre enfance, plus connu ici sous le nom d’Albator.
Une nouvelle envie venue du Japon concerne la sculpture. Samedi dernier, je suis allé à une exposition et je suis tombé sous le charmes des œuvres en terre cuites à raku du sculpteur. Le raku est une technique apparue au Japon au XVIe siècle où les pièces, juste après cuisson au four, sont mises dans un récipient (une grosse poubelle par exemple) avec des matières combustibles comme de la sciure ou du papier pour être enfumées un certain temps. Le carbone présent va alors agir avec les matières et donner des effets de surface étonnants. En admirant les séries de têtes de rhinocéros et les bustes de samouraïs, j’écoutais le sculpteur et mon prof d’arts plastiques parler de cette technique raku, des terres plus ou moins chamottées, des engobes, des températures de cuissons, des mélanges d’oxyde et des aléas : le résultat final est presque toujours surprenant. Dans de telles conditions, l’artiste se doit d’être aussi alchimiste...
Pour l’instant, je débute à peine dans la sculpture. Mes premiers essais présents sur le sculpturoblog sont le plus souvent des pièces en terre crue peintes à l’acrylique. Mais, qui sait, peut-être un jour prochain oserais-je aussi me lancer dans l’aventure du raku ?


Jeudi, le 10 juin 2004
Ne pas étouffer
La fin de l’année universitaire annonce les vacances pour les étudiants mais une période particulièrement chargée pour les enseignants : préparation des sujets d’examen, correction des copies, dossiers de candidature à examiner, auditions des nouveaux candidats, bref, difficile de pouvoir faire un tout petit peu de recherche quand on est débordé par ses activités administratives et pédagogiques.
Et c’est ce qui m’est arrivé. Et ce n’est pas fini. Je suis en train de terminer d’écrire un article pour une encyclopédie internationale, et j’ai bien du mal à réussir à avancer sa rédaction. Il est vrai que la chaleur suffocante n’est pas là pour m’aider : même si je résiste tant bien que mal à l’absence de climatisation, souvent un message d’alerte apparaît sur l’écran de mon ordinateur pour m’indiquer que la chaleur a atteint une valeur critique au sein des composants de la machine, aussi suis-je obligé de l’arrêter...
J’ai aussi prévu de partir dans ma région natale à l’occasion du mariage de mon petit frère, samedi prochain. Et Saint-Étienne, depuis plus d’une semaine, est une ville dont les voies ferrées sont paralysées en raison d’une grève...
Enfin, qu’importe... Durant cette période, pour ne pas me laisser étouffer par mes problèmes, j’ai quand même pris le temps de partir en Ardèche à l’occasion d’un week-end d’écriture avec l’ami Jean-Jacques. Même là, j’ai dû voler des heures sur mon sommeil afin de préparer des sujets d’examen. Et je ne regrette rien, à part le fait que mon ex-copine, malheureusement présente en ces lieux, ait tenté de m’empoisonner.
Il y a aussi eu, dimanche dernier, une intéressante représentation théâtrale organisée sur le thème de Francis Bacon au musée d’arts modernes. Y assister en présence d’une ravissante compagnie avait été très... rafraîchissant.
Hier et avant-hier, j’ai dîné avec Francis Valéry. Outre son indiscutable talent (assassiné) d’auteur, j’apprécie le personnage, cet attachant extraterrestre profondément humain, avec qui discuter autour de bonnes chères et boissons alcooliques est toujours un grand moment de partage d’idées (d)étonnantes. D’ailleurs, j’ai sans doute un peu trop bu et trop mangé ces derniers temps. Faudrait peut-être que je pense à surveiller mon alimentation... mais — gasp ! — samedi, il y aura le repas de mariage du frangin, ça ne va pas être simple...
Et puis...
Et puis à l’instant, les informations régionales viennent d’apporter un nouveau bol d’air dans mon univers. Des orages sont attendus en soirée, libérant la tension des cieux, et les agents de la SNCF locaux annoncent la fin de la grève avec un retour progressif à la normale en ce qui concerne la circulation des trains.
Je respire...


Samedi, le 13 mars 2004
Métamorphoses, suite...
Une petite semaine à préparer de nouveaux cours... une petite semaine où notre laboratoire s’est vu privé de capitaine, le directeur ayant démissionné de ses fonctions... une petite semaine qui s’est achevée par la venue de mon petit frère à qui j’ai fait un peu visiter la ville.
Saint-Étienne est une ville en plein travaux, une ville qui change de visage, petit à petit, une ville qui « bouge dans le bon sens » comme l’indique si bien l’émission Vivre sa ville de France Culture (et que l’on peut écouter jusqu’au 20/03/2004).
Côté sculpture, une tête de jeune femme en argile que je n’avais plus touchée depuis 15 ans (oui, oui, elle date du collège) est passé à la perceuse et va changer radicalement pour devenir une tête de diablesse...
D’ailleurs, le sculpturoblog vient d’être mis à jour avec mes dernières créations : un Minotaure, un étrange félin, ainsi que la Méduse (encore en cours de travaux).
Enfin, à défaut de changer de visage, une modeste métamorphose personnelle des pieds à la tête : je suis allé chez le coiffeur et je me suis acheté une nouvelle paire de chaussures.
Bah, euh... C’est déjà ça, non ?


Vendredi, le 30 janvier 2004
Instant lucide
Drôle de semaine à se croire maudit. De nouveaux ordinateurs à installer tombent en panne en ma présence. Serais-je doté d’un mauvais fluide magnétique ou le matériel actuel n’aurait-il plus les qualités d’antan ?
La fenêtre de mon bureau, heureusement, présente un spectacle enchanteur. La cour intérieure est enneigée, le bassin en partie gelé, des stalactites de glace se pendent sous la fontaine. Douce zénitude...
Ce matin, en prenant le bus, je suivais les périples de Flaubert dans son Voyage en Orient. De ce fait, je ne faisais guère attention à mon propre voyage. Dans mon dos, un homme s’est mis à fredonner une jolie chanson, trop bas cependant pour que je puisse en suivre les paroles. Puis son fils l’a accompagné, et le mélange de ces deux voix m’a surpris par son harmonie d’une rare beauté. Hélas, le père et l’enfant sont sortis trop tôt, étant arrivés devant l’école.
Au terminus, il n’y avait presque plus personne. J’ai rangé mon livre et ma voisine, que je n’avais pas remarquée, s’est tournée vers moi. Ce joli visage m’a demandé où se trouvait un institut dont je n’ai jamais entendu parlé. J’étais désolé de ne pouvoir l’aider.
Nous sommes tous un peu perdus hors de nos habitudes.
Non, voyons les choses autrement : il nous reste encore tout un univers à découvrir !


Dimanche, le 11 janvier 2004
Il n’y a pas à dire...
Lundi.
— Bonne année !
— Merci Fabrice. Bonne année, meilleurs vœux ! Alors, des bonnes résolutions pour cette année ?
Je réfléchis un instant.
— Euh... J’ai décidé d’arrêter de fumer.
— Ah, c’est bien ! Mais... tu n’as jamais fumé ?!
— Peut-être, mais comme tous ceux qui disent qu’ils arrêtent sont félicités ou encouragés, je me suis dit que moi aussi. Et puis, au moins c’est le genre de résolution que je suis sûr de tenir...

Un peu plus tard, un collègue affolé entre dans mon bureau.
— Fabrice, tu es au courant ? Il faut rendre les corrections demain !
— Mais non, ce n’est pas possible !
Je téléphone à la scolarité. À la réponse à ma question, je reste bouche bée. Je cesse aussitôt toute activité pour prendre mon stylo rouge et mon paquet de devoirs. Je quitte l’Université en milieu d’après-midi, m’isole dans mon appartement, ferme les volets. J’arrive à corriger vingt copies à l’heure au meilleur de ma forme. Mais j’ai un paquet de plus de 150 copies...

Soirée épouvantable. J’ai veillé à rester fidèle au barème, à noter les copies anonymes de la façon la plus juste possible, et à compter et recompter les points. Mais en fin de matinée, tout était corrigé, et j’avais obtenu pour mes étudiants une moyenne générale dans la norme, entre 10 et 11 sur 20.

Il n’y a pas à dire : c’est vraiment la rentrée...


Dimanche, le 23 novembre 2003
Décalage hor’art
Samedi, 18 heures, gros coup de pompe alors que je suis en train de travailler sur un nouvel article de recherche.
Allez, une petite sieste, rien qu’une heure, histoire d’avoir de l’inspiration.
Réveil embrumé. Il est plus de 23 heures.
À la radio, des animateurs jouent aux DJ’s et invitent les auditeurs à venir les rejoindre dans une boîte du coin.
J’ai une pêche d’enfer. Boosté par la musique, je transforme mon loft en atelier. Je démonte une lampe halogène que j’ai bricolée mais qui manque encore d’une certaine touche esthétique. Avec de la terre, je m’arrange pour que la lampe ait une jolie structure.
Et comme je suis lancé, je me décide à commencer une nouvelle sculpture, un monstre angélique inspiré de la Chaire de la Vérité de la Cathédrale de Liège.
Un peu plus tard, ma créature prend forme. J’entends à la radio que la soirée à la discothèque s’achève. Déjà 4 heures du matin !
Euh... Si je retournais bosser mon article ?


Dimanche, le 16 février 2003
Avirtuel sur la vie réelle
[Message personnel à la personne qui se connecte assez régulièrement depuis Stanford.edu... Allez, Nono, reviens sur la liste de diffusion de la Gang ! C’est frustrant de te voir disparaître (joli paradoxe) à chaque fois que la discussion devient intéressante. Fin du message perso.]
Nouvelles de ma vie d’enseignant-chercheur. Catégorie "avenir". Je suis officiellement qualifié aux fonctions de maître de conférences en informatique. Youpi ! Maintenant, va falloir s’accrocher dans la course aux postes...
Nouvelles de ma vie d’enseignant-chercheur. Catégorie "recherche". J’ai reçu les retours du comité de rédaction d’une revue scientifique internationale au sujet d’un article dont je suis le premier signataire. Youpi ! Mon papier est accepté. Rien de méchant à corriger sur le plan scientifique, par contre je vais devoir trouver un native English pour régler les problèmes de langue.
Nouvelles de ma vie d’enseignant-chercheur. Catégorie "enseignement". Après discussion avec la responsable du cours du module dont j’ai en charge les travaux dirigés, j’ai indiqué à mes étudiants de maîtrise que je ne leur demanderai pas de me rendre un projet, ces derniers (qui sont très occupés par leur stage) en ont déjà réalisé un en licence. J’ai fait cette annonce en regardant une partie de ma salle de TD et je me suis retourné vers l’autre. Un peu trop vite. Du coup, j’ai vu une étudiante (fort charmante, ma foi) qui faisait mine de m’embrasser (« M’sieur, on vous adore ! »). Elle est devenue rouge de confusion. Ah, finalement, il en faut peu pour être aimé... (euh, youpi ?)
Nouvelles littéraires. Le numéro 29 de Bifrost est enfin arrivé dans ma boîte aux lettres. Avec les excuses d’Olivier Girard pour le retard sur une feuille cartonnée qui n’est autre que la pub pour la Cité du Soleil (et autres récits héliotropes) du frangin Ugo. Déjà presque terminé de lire la revue. Parmi les fictions, une très chouette novella de Claude Ecken. Et un compte-rendu très personnel des Utopiales de Nantes par Francis Valéry, alternant avec des passages de son roman à venir, le Talent ressuscité, la suite du Talent assassiné. D’ailleurs Francis doit arriver à Lyon ce soir. La semaine prochaine, il est prévu de passer quelques soirées sympas en sa compagnie.
Nouvelles de ma vie d’être humain. Catégorie "douleur". Je ne sais comment, je me suis fait mal à l’index gauche, juste en dessous de l’ongle. Ce n’est qu’un bobo ridicule, qui a à peine saigné, qui a presque cicatrisé maintenant mais qui fait toujours mal. Et qu’est-ce que c’est gênant ! Je me sens vraiment handicapé de la main gauche. Je viens enfin de comprendre l’histoire du supplice chinois qui consistait à introduire des aiguilles brûlantes à cet endroit. Brrrr...
Nouvelles de ma vie de célibataire. Catégorie "Saint Valentin". Vendredi soir, avec mon copain PYM et quelques autres, nous avions prévu de terminer la soirée dans un bar après notre habituelle balade en roller hebdomadaire, une sorte d’anti-Saint-Valentin entre potes. Tout était prévu, nous avions l’intention de nous affubler de signes distinctifs tels que des "cœurs à prendre" avec des planches anatomiques de l’organe en question ou des gros cœurs avec un ange descendu par sa propre flèche. Pas de très bon goût, certes, mais il faut bien ça pour lutter face à la mièvrerie de ce jour. Et finalement, rien de tel n’a été fait... PYM est retombé dans une phase down, il n’est pas venu à la rando roller, j’ai essayé de l’appeler mais le message sur son répondeur donne une bonne idée de son humeur noire... PYM, arrête de te regarder le nombril, c’est pas parce que tu t’es fait plaquer qu’il faut faire croire à tout le monde que tu vas te suicider (tu nous fais le coup tous les deux mois).
Nouvelles cinématographiques. Catégorie "horreur". J’ai vu Le Cercle-The Ring de Gore Verbinski. Au début, j’ai eu peur... mais peur que le film soit un navet car il commence comme un de ces films pour adolescents au scénario sans surprise. Mais passées les dix premières minutes où une jeune fille raconte à sa meilleure amie une légende urbaine sur laquelle repose l’histoire, le film démarre comme une enquête journalistique avec un oppressant fond fantastique. Pas du grand cinéma, certes, mais le film remplit son rôle : j’étais calé au fond du fauteuil, la trouille au ventre.
Nouvelles citoyennes. Catégorie "je milite". Samedi, 14 heures, place Bellecour. Manifestation contre la guerre en Irak. Bizarre. Pas vraiment de musiques ou de slogans (contrairement aux manifs anti-FN auxquelles j’avais participées). Une manifestation "pacifique", dans tous les sens du terme. J’ai retenu ce message, bien trouvé, écrit sur une pancarte : « Bush, si tu veux du pétrole, viens le chercher sur nos plages ».


Samedi, le 4 janvier 2003
Aviateurs de l’Aéropostale et cavaliers du Pony Express
Hier matin, je suis allé poster des dossiers sur lesquels va se jouer mon avenir d’enseignant-chercheur. J’avais beau être plutôt confiant, les quelques jours de "vacances" passés dans ma famille avaient été mis à profit dans la réalisation de ces fameux dossiers de "qualification aux fonctions de maître de conférences", je sentais quand même de désagréables nœuds dans mon estomac... Pourtant, j’avais à peine franchi la porte de la Poste que je me suis senti plus léger.
Période de fêtes et début de mois obligent, les personnes qui attendaient leur tour au guichet étaient tout sourire, ce qui est suffisamment rare pour être signalé : colis cadeaux à envoyer, paquets ou mandats à récupérer, et, pour le collectionneur, nouveaux timbres à découvrir...
La Poste est une institution pour laquelle j’ai le plus grand respect. En effet, comment faire parvenir autrement des messages ou des biens à des personnes éloignées sans être obligé de se déplacer soi-même ?
J’ai moi-même été membre de cette institution au cours d’un été pour me faire un peu d’argent de poche. Chapeauté de ma casquette de facteur, je parcourais les rues de la petite ville voisine avec mon vélo, me sentant l’héritier des braves cavaliers du Pony Express ou des audacieux aviateurs de l’Aéropostale, pour distribuer le courrier, un sourire aux lèvres lorsque je voyais la lettre d’une jeune amoureuse, identifiable aux petits cœurs dessinés sur l’enveloppe.
Aujourd’hui cependant, grâce à Internet, il nous est possible de nous passer de bon nombre des services de la Poste, pour le plus grand malheur de cette institution et des amoureux de la correspondance papier. Mais la messagerie électronique, quasiment gratuite et immédiate, est devenue une nécessité de notre temps : sans elle, je me demande bien comment j’aurais pu contacter aussi facilement mon meilleur ami en Afrique, un collègue japonais ou une blogueuse canadienne que mes correspondants de l’Hexagone...


Mardi, le 17 décembre 2002
Avinnersaire (yoijeux)
« C’est un bon jour pour mourir... », dit le vieil Indien dans Little Big Man.
Moi je dis que 30 ans, c’est un bon jour pour vivre.
Le jour de ses trente ans, mon ami Ugo, de deux semaines mon aîné, a passé son audition de maître de conférences et a obtenu son poste.
Le jour de mes trente ans, à savoir hier, j’ai soutenu ma thèse.


Dimanche 15 décembre.

Je me réveille assez tard. J’étais la veille à l’anniversaire d’un ancien amour.
Je répète mentalement ce que je dois dire lors de ma soutenance de thèse en prenant mon petit déjeuner, en me rasant, en prenant ma douche...

Fin de la matinée.
Passage éclair au Virgin situé à moins de 100 mètres de mon appartement.
Manque de bol, il est fermé et n’ouvre qu’à midi.
Je prends mon courage à deux mains et vais jusqu’à la FNAC (à au moins 300 mètres de là), je trouve ce que je recherche (comme quoi, les chercheurs trouvent quand même aussi parfois !) : le recueil de nouvelles de Jean-Jacques Girardot (pas pour moi mais pour offrir, en espérant qu’un ami charitable pensera à me faire cadeau de Dédales virtuels car j’ai tant envie de lire ce bouquin !)
Je passe le reste de la journée à répéter la présentation de ma soutenance...


Lundi 16 décembre, jour « J »

J’ai décidé de rester chez moi toute la matinée.
Nouvelle répétition mentale de la soutenance de thèse.
Qui est le premier à me souhaiter mon anniversaire ?
Le robot de NotreFamille.com !
Ouais, je ne travaille pas dans le domaine de l’intelligence artificielle pour rien...
D’autres messages électroniques de soutien arrivent sur ma boîte.
Un premier coup de fil pour me souhaiter mon anniversaire et me dire m..... : je mets un instant à réaliser qu’il s’agit de Nathalie, une amie de Lorraine.
Un second : il s’agit de ma bonne maman qui m’appelle du train.
Déjeuner léger.
Avec le stress, mon ventre fait des nœuds...
Je me fringue. Non, pas encore la cravate.

Treize heures.
Je sors de chez moi. De la pub et une enveloppe récupérées dans ma boîte aux lettres. Je lirai la lettre plus tard.
Je prends le métro et le tramway, je ne vois personne : sur le chemin je répète encore ma soutenance.

Quatorze heures moins le quart.
J’arrive au labo.
Mais où est passé mon directeur de thèse ? C’est lui qui devait me prêter son ordinateur portable...
Je cours dans tous les sens.
Bon, pas de panique, je peux emprunter celui du secrétariat du laboratoire.
Les bouteilles sont déjà au frais ? Parfait !
Mes parents arrivent. Pendant que je copie mon fichier, maman et papa s’occupent du pot (bouteilles, verres, gâteaux...).

Quinze heures.
Avec un collègue, je vais chercher le vidéoprojecteur que j’ai réservé. Manque de bol, avec le service audiovisuel, nous nous sommes mal compris : le vidéo ne passe que de la vidéo (appréciez la nuance) et non de "l’informatique".
Grrrmbl...
Une solution, peut-être : un autre vidéoprojecteur doit être rapporté.
J’attends le retour du matériel. Les minutes s’écoulent, tout comme des gouttes de sueur froides dans mon dos.
Et voici la bête !
Beau, beau, il est beau le vidéo !
J’arrive sur le lieu que j’ai réservé pour la soutenance. La salle est fermée. Je fais le tour, frappe à la porte d’un secrétariat, c’est ouvert, de gentilles dames vont ouvrir la salle de conférences où je vais officier.
Bricolage pour installer le vidéoprojecteur, les rallonges ne fonctionnent pas (un problème de triphasage), je vais en chercher d’autres, ça y est.
Bon, l’image ne s’affiche pas à l’écran. Nous cherchons la combinaison de touches adéquates. Mmmm... Ce n’est pas ça le problème. Peut-être faut-il changer le port du vidéoprojecteur ? Oui, c’est ça.
Réglages ultimes, des bouteilles d’eau sont mises à la disposition des membres du jury, ainsi que des exemplaires de ma thèse.
Des personnes arrivent dans la salle : mes parents, mon ami Ugo (venu tout exprès d’Aix pour m’écouter), mon ex-copine, des collègues, des amis, et mon directeur avec quelques membres du jury.
Bonjour, bonjour, c’est gentil d’être venu.
Des personnes proches me souhaitent aussi mon anniversaire.
Les derniers membres du jury arrivent, il est un peu plus de 16 heures, le président du jury me laisse la parole.

Go!
Je me fais peur : le démarrage est un peu chaotique, ma langue s’accroche sur quelques mots. Mais je me rattrape. J’ai un débit de paroles plus rapide qu’à l’ordinaire, ma présentation coule, les transparents défilent, je présente mes travaux et l’auditoire est attentif. Un coup d’œil sur la montre, il faut que je me dépêche, j’augmente encore un peu le débit mais tout va bien, j’arrive à ma dernière diapositive, la numéro trente-trois (clin d’œil à la parole classique du docteur : « Dites 33 ! ») et je termine ma présentation entre 40 et 45 minutes, c’est-à-dire le temps qui m’était accordé.
Parfait.
Questions du jury.
Les rapporteurs et examinateurs me félicitent pour la qualité de mon travail (« Merci ! ») et me posent certaines questions.
Mes réponses semblent les satisfaire.
Mes directeur et co-directeur louent mes qualités scientifiques et humaines, ma maman verse une larme.
La dernière question du président du jury, je suis heureux de voir que les personnes se sont vraiment intéressées à mon travail.

Délibération.
Papa prend quelques photos sur son appareil numérique.
Je débranche le matériel.

Le jury arrive, le président prend la parole, ça y est, je suis docteur, les félicitations ne sont plus données (pour éviter les différences de politiques entre les établissements nationaux), sinon je les aurais eues (c’est ce que dit mon président de jury).
Joie.

Pot de thèse.
Tout est beau, tout est bien. Les amis avec qui je fais du roller arrivent. Il y a moins de Gangsters que prévu mais je suis heureux, les bouteilles et les plats se vident, je parle avec les uns et les autres, la tension accumulée ces derniers jours se relâche petit à petit.
Les gens s’en vont progressivement.
Gizmo de la Gang vient chercher Ugo. Il emportera aussi quelques restes.

Vingt heures.
J’abandonne collègues, famille et amis pour retrouver les membres du jury dans un bon restaurant situé sur la Croix-Rousse.
J’imaginais ne plus avoir faim mais la soupe de bulots tiède aux crevettes, le cabillaud et sa salade d’algues ainsi que le gâteau à la nougatine m’ouvrent de nouvelles perspectives sur les capacités de mon estomac.
Comblé.

Minuit et quelques.
J’arrive chez moi.
Mes parents sont déjà couchés.
Un message en anglais sur mon répondeur. Marina, une amie grecque, me souhaite mon anniversaire...


Mardi 17 décembre.

Réveil matinal.
J’essaie sans succès de copier les photos prises par l’appareil numérique de mon père sur mon vieil ordinateur portable. Foutu port USB !
Métro, nous arrivons à la gare de la Part-Dieu. J’en profite pour acheter un billet.
Ça y est, ils sont partis et fiers de leur fiston.
Je vais chez André et Olivier récupérer Ugo.
André est déjà parti travailler, je fais la connaissance de Guillaume.
Ugo et moi nous rendons tranquillement au centre commercial de la Part-Dieu pour papoter, faire un coucou à André, prendre un petit déjeuner chez Paul, essayer de trouver des idées de cadeau pour Noël, faire un tour devant la bibliothèque municipale...
Puis l’heure à laquelle Ugo doit prendre son train arrive, il retourne dans son sud natal, je retourne dans mon labo...
Au boulot 


Vendredi, le 13 décembre 2002
Aviné
Ce matin, soutenance de l’habilitation à diriger les recherches de mon co-directeur de thèse.
J’avais l’impression de stresser davantage que ma "moitié d’encadrant"...
Présentation excellente, réponses aux questions du jury très perspicaces, critiques élogieuses.
Réussite sur toute la ligne, et en particulier aussi pour le pot de thèse : grand luxe. J’ai même pris un verre de champ’ alors que je devais bosser. En fait, grand bien m’en a pris : ça m’a remonté le moral.
J’ai récupéré les exemplaires de ma thèse. Relié collé (et non boudiné) et en recto-verso, mon manuscrit en jette un max !
J’ai pu réserver le vidéoprojecteur, j’ai acheté les boissons et quelques bricoles pour mon pot de soutenance. J’ai même acheté une nouvelle cravate. Bon, c’est vrai, j’en ai quelques unes (que je ne mets que 3 ou 4 fois l’an) mais je n’ai plus retrouvé ma cravate fétiche, offerte par une ex. (D’ailleurs, je ne comprends pas comment j’ai pu perdre cette cravate, tous les cadeaux faits par ceux qui vous aiment sont précieux.)
Et bien sûr, je viens de terminer ma présentation.
J’ai mis du temps, mais ça en vaut vraiment le coup. Sacrifier ma randonnée en roller du vendredi soir n’a pas été inutile...


Jeudi, le 12 décembre 2002
À vif (les nerfs)
Je soutiens ma thèse dans quatre jours. Enfin, moins de 100 heures, si on veut être plus précis.
Et ça devient vraiment très dur.

Au niveau du pot de thèse, c’est à peu près réglé : merci les parents pour les spécialités régionales (les bouteilles et les verres pour papa, les spécialités culinaires pour maman), la commande est passée auprès du traiteur, je dois encore acheter des trucs complémentaires, en particulier des boissons, ce que je ferai samedi (je me réjouis déjà, vu que les grands magasins seront déserts un samedi avant Noël, n’est-ce pas ?)
Pour le restaurant du soir avec les membres du jury, c’est aussi OK, j’ai réservé un endroit sympa sur la Croix-Rousse...
Au niveau de la soutenance, pour la présentation, il y a encore des bricoles à modifier sur mes diapos. (Au boulot, Fab !)
J’ai vu le service repro pour disposer de quelques nouveaux exemplaires de ma thèse (celui avec le résumé et les remerciements en bonus track).
La salle de soutenance est réservée, OK, OK...
La salle prévue pour le pot sera occupée par un cours juste avant mais j’ai quand même un peu de marge de manœuvre... Chaud !
Les vidéoprojecteurs... Il y a celui du labo mais je devrais aussi en réserver un autre demain au service audiovisuel (on ne sait jamais)...
Les ordinateurs portables... Je prendrai le mien, mais il y aura sans doute aussi ceux de mes collègues au cas où...
Le transport et l’hébergement du jury : là aussi, tout baigne, ou presque (un de mes rapporteurs sera à une soutenance juste avant la mienne à l’autre bout de la ville). Va falloir inventer la téléportation vite fait...

J’ai fait mon maximum, j’ai encore des p’tits trucs à régler. Mais bon, je gère, je gère... Enfin, j’espère.
Et puis, bon, faut pas stresser. Songer aussi à dormir tôt, je commence à avoir mal à la tête avec tout ça, c’est mauvais signe...

Oui, je me demande comment ça se passera, le jour où je me marierai(s). Ah, j’oubliais : pour se marier, faut être deux, et on partagera les tâches à ce moment-là...

Mais bon, voyons la vie en rose. Ou en bleu. Et écoutons, pour nous détendre, l’émission la Planète bleue qui passe le dimanche soir sur Couleur 3, une radio suisse qu’elle est achtement bien.
Pour ceux qui ont une connexion qui booste (et qui ne paient pas le téléphone), il est possible d’écouter l’émission la Planète bleue sur le Net.
Une heure de plongée dans la musique de demain : c’est étrange, c’est beau, c’est bon, ça calme...

Vous croyez que j’en ai besoin ?


Mardi, le 3 décembre 2002
A vision of the future
Samedi soir, je suis allé à la nuit de la science-fiction d’Oullins (dans le sud de Lyon). Très intéressant.
Tout d’abord, un documentaire intitulé Robot Sapiens avec des interviews de chercheurs d’équipes toulousaine et parisienne ainsi que d’un Gérard Klein en pleine forme (non, pas l’instit’, Klein, c’est l’auteur de S.-F. et directeur de la collection Ailleurs et Demain, chez Robert Laffont).
Surprise, Gérard Klein profère des propos virulents à l’encontre de l’intelligence artificielle, la considérant, grosso modo, comme une escroquerie intellectuelle.
Après le documentaire, Klein, présent dans la salle, confirme ses propos, proposant de se référer à sa préface d’Excession de Iain M. Banks et se lance dans le jeu des questions-réponses...
Une intervention venue du milieu de la salle. Un jeune homme prend le micro et se présente en tant que chercheur en intelligence artificielle (Klein avec un sourire : « Ah, il fallait bien que ça arrive ! ») et comme amateur de science-fiction (Klein : « Merci ! ») et auteur à ses rares moments de temps libre. Le chercheur tient à préciser que ce dont Gérard Klein parle, et dont le documentaire a fait état, était de robotique et de vie artificielle et non réellement d’intelligence artificielle. Il indique aussi que des travaux en intelligence artificielle ont produit des réalisations concrètes... En réponse, Klein poursuit sur ses critiques de l’intelligence artificielle "forte", parlant des positions défendues par des chercheurs hyper-médiatisés tels que Hugo de Garis (auteur d’une interview parue dans le Monde, le 9 novembre 1999).
Le chercheur en IA répond à Klein que de Garis n’est pas un chercheur considéré par ses pairs mais qu’il s’agit de quelqu’un de complètement allumé...
Finalement, Klein et le chercheur tombent plus ou moins d’accord sur les limites de l’intelligence artificielle dans sa version forte et conçoient que le terme "intelligence artificielle" est sans doute assez malheureux.
Ah oui, j’ai oublié de préciser, le chercheur en IA, c’était moi...


Vendredi, le 29 novembre 2002
Avibus secundis
L’Université vient de me faire parvenir les retours de mes rapporteurs accompagnés de l’autorisation officielle de soutenance de thèse. Les rapports de ces deux grands chercheurs qui ne me connaissaient pas auparavant (ce n’est pas un jury de complaisance) sont très positifs et indiquent qu’ils ont lu avec attention ma thèse, mettant fort justement en valeur les qualités de mon travail et faisant un ensemble de remarques pertinentes. Ainsi avais-je bien raison d’annoncer que j’allais être docteur dans mon premier post sur ce weblog : connaissant le professionnalisme et l’exigence de mon chef, celui-ci ne m’aurait pas laissé soutenir ma thèse s’il n’avait pas été satisfait de mon travail de recherche et de la rédaction de mon manuscrit.
Joie !
La soutenance de ma thèse se présente ainsi sous d’heureux auspices...
Cependant, même si je n’ai même pas de corrections à apporter à mon document, le week-end prochain s’annonce pourtant chargé : j’ai un article pour une revue à boucler (avant lundi) tout en espérant pouvoir aller à la manifestation Rifl Art fiction de Villeurbanne (samedi), à la nuit de la science-fiction d’Oullins (dans la nuit de samedi à dimanche) et voir (dimanche) mes amis de la Gang...
Bon, je me reposerai (sur mes lauriers) quand je serai mort.


Lundi, le 18 novembre 2002
Avis d’arrivée sur la planète WebLog
Si tout va bien, dans moins d’un mois, je serais docteur...
Allez, positivons, point de conditionnel : je serai docteur !
Les questions qui se posent sont autres : Aurais-je réalisé une bonne thèse ? Serais-je qualifié au poste de maître de conférences ? Y aura-t-il un poste dans mon domaine ? Devrais-je quitter cette bonne ville de Lyon ?
Trois ans de thèse, de week-ends passés au laboratoire pour terminer des articles dans les temps, de moments où je n’ai pas assez pris le temps d’écrire et d’aimer, mais trois ans quand même formidables...

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